Id., IV
Pendant six cents ans, d’humbles moines se dévouant au rachat des captifs firent plus que les puissances de l’Europe honteusement tremblantes devant ces scélérats.
A la honte des puissances chrétiennes, tenues en échec par une population de forbans, cet état de choses persista jusqu’au xixe siècle; alors une noble famille, descendant de saint Louis, au moment où l’ingratitude et l’aveuglement allaient la précipiter du premier trône de l’univers, fit ce que le grand roi n’avait pu faire et chassa de leur repaire ces écumeurs de la mer. Je voudrais que ces souffrances et cette libération fussent publiées à plusieurs millions d’exemplaires et répandues dans tout le monde catholique avec cette exergue : Gesta Dei per Francos.
1830 délivre nos malheureux chrétiens. Le culte de Marie s’installe aussitôt à Alger, dans une vieille mosquée; 1837 voit arriver Mgr Dupuch, son premier évêque, qui propage le culte de Marie.
Mgr Pavy, qui lui succède en 1855, élève près d’Alger une chapelle à Notre-Dame-d’Afrique rappelant celle de Fourvières. En moins de dix ans, des processions et plus de deux cents guérisons miraculeuses attestent les faveurs de Marie sur ce sanctuaire b
Cette résurrection du culte de Marie ne doit pas, du reste, paraître étrange aux Arabes, qui en conservent dans leurs traditions religieuses des traces certaines.
Il existe, à quelques lieues d’Aumale, une tribu autrefois très-remuante, qu’on appelait les Ouled-Meriem, les enfants de Marie. La rivière et la forêt voisine ont la même désignation. Est-ce une vieille tradition chrétienne remontant à l’invasion arabe? est-ce une tradition de date plus récente, et qui ne révèle que le souvenir d’une femme musulmane? En 1833, il y avait encore à Alger une mosquée du nom de Meddj id-Settina-Meriem } c’est-à-dire mosquée de Notre-Dame-de-Marie. Elle était spécialement fréquentée par les sages-femmes