ABBAYE DE SAINT-AUBIN
Les cruels iconoclastes du xviiu siècle ne sont pas parvenus cependant à effacer sur ces ruines toute trace du culte de Marie. Au pied de la tour de Saint-Aubin, on retrouve dans la cour de la préfecture un cloître roman qu’on nous a conseillé de visiter. Les arcades de ce cloître renferment chacune deux arcatures géminées, et l’une d’elles, dans le tympan, une madone entre deux anges. Cette madone sculptée en bas-relief était peinte, son voile blanc, sa robe verdâtre, le manteau bleu de l’Enfant et sa robe brune. Elle est auréolée, couronnée, son dessin est incorrect et barbare. .Aux pieds de la sainte Vierge
viennent retomber les archivoltes des arcatures, sur lesquelles on remarque des sujets figurés en peinture. A gauche, Hérode ordonne le massacre des Innocents, puis les mages arrivent et offrent leurs présents au Sauveur; de l’autre côté on les aperçoit encore devant Hérode, enfin à cheval et voyageant sous la clarté de l’étoile. Malgré la barbarie du style, nous avons beaucoup goûté cette différence établie entre les simples hommes et les groupes célestes. M. Laprade a écrit que la peinture était l art de l’homme, et la sculpture l’art des êtres surnaturels. L’artiste angevin semble avoir eu cette pensée lorsqu'il représente en peinture les mages, et qu’il réserve le relief à la madone.
SAINT-MAURILLE.
Saint Maurille, évêque d’Angers, fait rebâtir en l’honneur de la sainte Vierge une église qu’il choisit pour le lieu de sa sépulture. Après sa mort on l’appela l’église de Saint-Maurille et de Saint-Aubin, elle possédait une portion insigne de la vraie Croix, des reliques de la Vierge, etc., etc.