Hamon, I
2. Bulletin de la Société archéologique du Vendômois . IVe année, 1865, p. 183 : Cette statue, haute de om,7j, représente la sainte Vierge portant l’enfant Jésus sur son bras gauche, et n’a plus aucun signe d’antiquité; elle est
CH. VII. — FRANCE. — BLOIS
la piété des tidèles, de la protection et de la libéralité des princes, des seigneurs et des évêques ; c'était comme le domaine de Marie, à qui Gelduin l’avait concédé, selon l’expression de la charte Concedimus Mariœ.
Le seigneur Gelduin, en fondant l’abbaye de Notre-Dame-de-Pont-Levoy en 1034, ce qui est
Sceau de Pont-Levoy.
prouvé par la charte de fondation, lui lit des donations considérables, entre autres les deux églises de la localité, l’une dédiée à la sainte Vierge dépendant du château, l’autre dédiée à saint Pierre. Une charte confirmative de la précédente dit que l’église de Saint-Pierre, jusqu’alors la première de Pont-Levoy, sera sou-
fichement vêtue et ornée de cœurs et de diadèmes. Affreusement mutilée en 1793, elle a été réparée il y a près de vingt ans; le visage et les mains de la sainte Vierge et de l’Enfant furent couverts de plâtre et peints d’un noir très-brillant. Derrière le cou apparaît le vieux bois dans lequel elle fut sculptée, qui est probablement du noyer.
Voici une description antérieure à la Restauration : « La tète de la sainte Vierge était très-longue et le bas de la figure ovale ; un simple cercle de bois adhérent formait la couronne, et l’enfant Jésus était au milieu de la poitrine. Cette statue avait beaucoup de ressemblance avec celle de Chartres, si ce n’est que celle-ci est assise, et que la statue de Villavard est debout. »
Voici encore Bopinion de dom Piolin : « Pour la statue de la sainte Vierge, je pense qu’elle est du XIe siècle, j’ai vu un assez grand nombre de statues de cette époque, elles portaient toutes les caractères que vous lui assignez. Si la tète du divin enfant se trouvait au milieu de la poitrine, c est que, probablement dans l’origine, la Vierge était assise. »
mise à celle de la sainte Vierge; un autre acte, daté de 12301 et intitulé Societas S. Maximini • aurelianensis et Pontis Levii, prouve que l’Assomption était la fête de l’abbaye de Pont- Levoy.
Or il y a aux Archives nationales un sceau de l’abbaye de Pont-Levoy attaché à un acte de 1255, représentant la sainte Vierge nimbée, en pied, de face, les mains déployées devant la poitrine, de façon qu’on en voit la paume. Cette pose n’est pas commune en France à cette époque, et je suis persuadé qu’on a voulu rappeler, sinon représenter l’Assomption de la sainte Vierge. Les seules lettres qui restent sur ce sceau consistent en ces deux mots : Levensis Cenobii. De ce que ce sceau est attaché à un acte de 1255, il ne s’ensuit pas qu’il ait été fabriqué alors2.
Rien de plus édifiant que la charte de fondation donnée par Gelduin, sa femme et son fils Geoffroy. Nous en citons ici quelques passages : « Redoutant avec tremblement le jour du dernier jugement, et désirant au moins être du nombre de ceux à qui Dieu doit dire en ce jour : « Venez, les bénis de mon père, » posséder le royaume qui vous a été préci paré » , nous concédons à la sainte Mère de Dieu , Marie toujours Vierge, une partie