Gallia Ch*, t. VIII
2. M. J. Durand, en nous faisant part de cette opinion, que nous nous empressons d’adopter, ajoute les réflexions suivantes : « On rencontre parfois, sur les épitaphes des premiers siècles, la qualification Ancilla Del, donnée à des femmes qui ne paraissent pas avoir été mariées. Ces mots n’auraient-ils pas été employés en souvenir de ceux adressés par la sainte Vierge à l’archange? Et alors cette particularité ne serait-elle pas une trace de la dévotion que pratiquaient les femmes et leur famille envers la sainte Vierge ? Je ne mets pas en doute la dévotion envers la sainte Vierge à ces époques reculées, mais nous ne possédons que de rares documents à ce sujet en ce qui concerne l’Occident. Je remarque à ce propos qu’une autre qualification relative à la sainte Vierge, et se trouvant également dans l’Evangile, a été fidèlement et continuellement employée par l’Église jusqu’à nos jours dans les prières, antiennes, etc. C’est heata virgo Maria, et c’est bien certainement parce que la sainte Vierge a dit elle-même : Beatam me dicent omnès generaiiones. »
SANCTUAIRES ET IMAGES
des biens qui nous ont été laissés par nos ancêtres. »
La charte ajoute : « Que les religieux de Pont-Levoy veuillent implorer pour nous la divine miséricorde, afin que, lorsque le jour de notre mort sera arrivé, notre ennemi mortel ne se réjouisse pas de notre perte; mais que Dieu, par l’intercession de la bienheureuse Vierge Marie, nous arrache miséricordieusement des mains du démon et des peines de l’enfer, et nous transporte au royaume du paradis... Nous voulons que l’église de la bienheureuse Vierge Marie occupe le premier rang et que l’église de Saint-Pierre, jusqu’ici la première, lui soit soumise1. »
D’après certaines traditions, le pieux Gelduin aurait fait cette donation à la suite d’un péril maritime, d’un vœu pour conjurer le danger, et d’une apparition de la madone au milieu de la tempête. Les vêtements éclatants de blancheur, sous lesquels la sainte Vierge lui serait apparue, auraient été l’origine du nom de Notre - Dame-des-Blanchcs .
Mabillon cite un missel du xir siècle sur lequel on lisait les vers latins suivants, souvenir remarquable delà beauté de l'Église2 : « Moi (ce livre) je suis la propriété des moines de l'abbaye de Pont-Levoy, où la sainte Vierge est honorée dans une église digne d’elle. »
A la révolution de 93, l’abbaye mise en vente cessa d’être monastère, Pont-Levoy ayant recouvré, comme collège, son ancienne splendeur, on plaça avec honneur, dans la chapelle, une statue qu’on dit être celle qui avait été placée par Gelduin dans l’église du monastère, et depuis ce temps on vit refleurir l’antique dévotion à Notre-Dame-des-Blanches3. Toute¬