Un volume in-12, p
2, Cet exemple nous prouve que nous possédons en France des verrières qui remontent au xif siècle. Si l’on n’en a pas de plus anciennes, il faut l'attribuer aux fureurs des iconoclastes. L’antiquité connaissait cette industrie. Caligula, recevant des envoyés chrétiens, les interrompt à chaque instant pour donner des ordres à ses architectes et leur commander des clôtures de verre. Lactance fait allusion à des fenêtres garnies d’un verre brillant, ou d’une pierre spéculaire. Saint Jérôme parle de fenêtres fermées par des lames minces de verre fondu. Pline dit que, dans son temps, on faisait du verre de toutes couleurs. Alors cette industrie, nouvelle pour les Romains, était très-répandue en Espagne et dans les Gaules, et depuis longtemps à Alexandrie, en Egypte.
Au VIe siècle, Sainte-Sophie, construite avec une magnificence salomonienne, était vitrée comme beaucoup d’autres du même temps, et fut le point de départ et le modèle d’autres magnificences en Europe. En 680, l’art de la verrerie était inconnu à l’Angleterre, qui venait demander des ouvriers à la France. Anastase le Bibliothécaire dit que les fenêtres vitrées de Saint- Pierre se faisaient remarquer par la vivacité de leurs couleurs. Il est possible que ces vitraux peints ne fussent que des mosaïques de couleur, c’est-à-dire composés d’autant de morceaux que de couleurs, car ce n’est qu’au xr siècle que l’on parle de peinture. Déjà alors les verres étaient maintenus par des plombs et fixés par des traverses en fer. (Lasteyrie, Histoire de la peinture sur verre,