LAVA R D I N
L’église de Lavardin, fort ancienne, possède des sculptures qui méritent notre attention; notons surtout le chapiteau d’un pilier dans le chœur et sa madone archaïque1.
v EN DOME.
À l’exemple de ses seigneurs, le peuple de Vendôme avait une tendre dévotion à Marie. Il aimait à placer, cà l’encoignure des rues, des statuettes de la sainte Vierge. Il vénérait aussi d’une manière particulière une belle image de Marie, peinte sur un vitrail de l’église des Bénédictines, aujourd’hui paroissiale. Cette image est encore en grande vénération. Appelée par les uns Notre-Dame-des-Neiges, par les autres Notre- Dame-de-Bon-Secours, elle représente la Vierge vêtue d’un manteau blanc, les mains jointes et appuyées sur la poitrine2.
On est très-étonné de retrouver ainsi, parmi les vitraux d’une église du xve siècle, un fragment d’une époque beaucoup plus reculée. La madone porte incontestablement les caractères de l’église primitive duxne siècle.
M. Viollet-le-Duc se prononce pour cette date, quoiqu'on prétende que l'ancienne église, dont les restes subsistent dans le transept et dans le clocher, remonte à 1040. Au premier abord, cette peinture s’ajuste si bien avec les compartiments de la fenêtre, qu’on la croirait de la même époque, mais le style de la madone et celui de la fenêtre, les choux, des meneaux, etc., ne permettent pas de s’arrêter à cette idée.
1. Mémoires de la Société archéologique de l'Orléanais, II, pl. IV.
2. Hainon, I, 177. (Voy. Gaillabaud, les Arts du Ve au XVIIe siècle.)
PL .c*
CH. VII
FRANCE
BLOIS
On est obligé d’admettre que le vitrail est beaucoup plus ancien et contemporain de ceux de Chartres et d’Angers; l’analogie apparaît dans l’attitude de l’Enfant, la pose des genoux, le plissement de la robe et du manteau. La sainte Vierge tient en face d’elle l’enfant Jésus sur ses genoux. Son nimbe est simple, celui de l’enfant Jésus crucifère. Le groupe est enfermé dans une auréole amandaire. La peinture sur verre , dit M. de Lasteyrie , n’offre pas d’autre exemple d’une auréole de cette forme; l’explication la plus probable de cette disposition se trouve dans un petit traité des nimbes imprimé à Iéna, en 16691; ceux qui peignent Marie entièrement nimbée prennent cette forme dans le chapitre XII de YcApocalypse : « Une femme apparut dans le ciel, vêtue du soleil; elle avait la lune sous ses pieds et une couronne de douze étoiles sur la tête2. »