NOTRE-DAME-DE-VAUDOUAN
Notre-Dame-de-Vaudouan. 25/4 de lieue de la Châtre, paroisse de Briare, voit son origine remonter à saint Ursin et saint Justin, vers la fin du ier siècle, ou le commencement du 1 1® .
En 1013, sous le règne de Robert le Pieux, des jeunes tilles aperçurent flotter sur l’eau une statue de bois; ils la retirèrent et la portèrent à l’église : c’était une statue de Marie avec son divin fils. Elle revint à la fontaine; ce fait s’étant renouvelé une seconde fois, on en conclut que c’était là que la sainte Vierge voulait qu’on lui élevât un sanctuaire. Un pèlerinage s’y établit et prit une très-grande importance. En 1723, tous les curés du voisinage àseptou huit lieues à la ronde y venaient en procession avec les fidèles de leurs paroisses.
Une foule de guérisons miraculeuses étaient bien constatées par un grand nombre d’ex-voto et d'offrandes qui furent présentés à Notre-Damede-Vaudouan. En 1546, une bande de voleurs, tentée par l’appât de ces richesses, vint les piller, mais le ciel en fit justice; les voleurs s’égarèrent dans les bois et après bien des détours retournèrent à Vaudouan, où ils tombèrent avec leur prise dans les mains des agents de la force publique.
Les papes ont protégé ce lieu de pèlerinage, les archevêques de Bourges ont veillé sur lui avec une tendre sollicitude. Deux incendies, en 1490 et 1508, ne purent détruire l’image vénérée qui sortit intacte du milieu des flammes. En 1648, la piété toujours croissante des populations exigea l’agrandissement de l’église.
En 93, la chapelle vénérée subit de nouvelles profanations. Un des révolutionnaires s’empara de la statue que huit siècles avaient respectée et
1. Mémoires de la Société des Antiquaires du Centre } 1873, 193.
la jeta au feu. Dès ce temps, il en fut rudement puni par une maladie grave qui le courba en deux, sans que jamais il pût se redresser. Après la Révolution on fit faire une nouvelle statue dans laquelle on replaça les reliques qui étaient dans l’ancienne. On racheta la chapelle qui avait été vendue comme bien national et, après bien des vicissitudes, le culte y fut rétabli et les pèlerinages, qui n’avaient jamais cessé, reprirent avec une nouvelle ferveur et semblent encore augmenter chaque année à la vue des nombreux miracles qui s’y opèrent1.
NOTRE-DAME-DE - LA - NEF
Notre-Dame-de-la-Nef s’appelait ainsi de la barque sur laquelle il fallait traverser la rivière pour s’y rendre, parce qu elle était entourée d’eau de toutes parts dans un faubourg de Bourges, entre l’Evre et l’Auron. Bâtie pour servir de chapelle à un cimetière voisin, elle était en grande vénération dès le ive siècle. Saint Sulpice l’affectionnait spécialement ; il y fonda un monastère de religieux bénédictins. Elevé sur le siège de Bourges en 612, il continua d’affectionner sa chère église de Notre-Dame-de-la-Nef. La Révolution n’en a laissé que le souvenir2.
Notons en passant l’abbaye de la Vernuce, paroisse de Bagneux (1015), dédiée à la sainte Vierge puis Miseray, d’abord un ermitage, qui devint en 1089 une chapelle dédiée à la sainte Vierge.