CH. VII. — FRANCE. — DIOCÈSE DE BOURGES
Alexandre III s’y réfugia en 1161 et y séjourna près d’un an, gouvernant de là l’Eglise comme s’il eût été à Rome 1.
En 1187, des soldats se trouvaient à Déols à la solde de Richard qui luttait contre Philippe- Auguste et assiégeait Châteauroux. Ils jouaient aux dés devant le portail de l’église où était placée une statue de la sainte Vierge, tenant l’enfant Jésus dans ses bras. Un soldat de Richard levant les yeux vit la statue de la sainte Vierge; il saisit une pierre, la lança, brisa un bras à l’enfant Jésus et en lit jaillir le sang. Le coupable fut saisi d’une si grande frayeur qu’il tomba à terre et qu’il expira2. Les fidèles recueillirent ces gouttes miraculeuses dont ils se servirent pour guérir diverses maladies.
En 1228, Honorius III visita Déols.
En 1306, Clément V y demeura deux mois, et de nos jours Pie IX lui envoya un cierge magnifique décoré de ses armes et de l’image de l’Immaculée-Conception. Plusieurs miracles éclatants et parfaitement constatés, entre autres la cessation subite des hostilités entre Philippe- Auguste et le roi d’Angleterre, avaient porté au loin la célébrité de ce sanctuaire. Les protestants en commencèrent la ruine, la Révolution l’acheva en 93 3.
La statue miraculeuse, qui était d’abord placée au portail de l’église sur un pilier, fut, en 1 196, transportée dans l’intérieur de l’église, où elle demeura jusqu’à ce que la piété des fidèles eût élevé, sous le nom de chapelle des Miracles, un élégant sanctuaire attenant à l’église pour l’y placer avec honneur. Cette chapelle, de style ogival, était décorée de peintures, de tapisseries et de tableaux chargés d’inscriptions, qui reproduisaient la scène du cottereau. Il était digne des Vandales de 1793 d’exercer leur rage sur ce pieux monument; il fut dévasté, la statue renversée de son piédestal et brisée; il ne resta plus que le tronc4. Elle était assise et tenait l’enfant