NOTRE - D AM E-DE-DEOLS
Sur les rives tranquilles de l’Indre, au milieu de vastes prairies, à la porte de Châteauroux, apparaît une grande tour gothique, magnifique débris de Notre-Dame-des-Miracles : c’est le clocher de Bourg-Dieu, ou de Déols : Deo locus sacratus. Cette cité, fondée par Léocade, sénateur romain, et par son fils saint Ludre, l’un et l’autre convertis par saint Ursin, premier évêque de Bourges, devint, au Xe siècle, un sanctuaire très-cher à la mère de Dieu2. On montre encore à Déols le tombeau de Léocade, sarcophage antique, qu’on a couvert par un marbre chrétien sur lequel sont sculptées la sainte cène et l’entrée à Jérusalem 3. Ebbon , prince de Déols, fonda en 917 l’abbaye de Notre-Damede-Déols en l’honneur de la sainte Vierge et lui donna toute sa principauté. Notre-Dame-de- Déols était, pour le bas Berry, ce qu’est Notre- Dame-de-Chartres pour la contrée qu’elle domine. Les miracles qui s’y accomplissaient, les vertus et la science des bénédictins qui la desservaient grandissaient sa réputation 4. Elle sortit si radieuse des ruines qu’avaient amoncelées les Normands, que les chroniqueurs l’appelaient la plus belle perle du Berry. Un des abbés, le bienheureux Josbert, étant mort, on vit, au milieu de l’hiver, des fleurs couvrir sa figure. La communauté, témoin du miracle émané de Marie, n’osa ensevelir celui qu'elle protégeait de la sorte et laissa cet honneur à l’évêque de Bourges5.
En 1106, Pascal II vint en consacrer l’église,