Hamon, II
SANCTUAIRES ET IMAGES
tant de siècles, et la basilique elle-même. Heureusement un artisan du nom de Pierre Durand peut sauver du désastre la sainte image et la conserver en risquant sa vie. En 1802, on la rend à l’église. Les bijoux et les présents lui arrivent de toutes parts1.
L’image miraculeuse de Notre-Dame-de-Grâce est peinte sur un panneau de bois de cèdre, qui porte om,35 de hauteur sur om,26 de largeur. Le revers du panneau est tapissé d’une peau de vélin, collée et très-tendue ; cette peau est elle-même cachée par une étoffe de soie verte damassée. Le tableau est entouré par une bordure en argent dont les plates-bandes unies sont assemblées sans soudure. Quatre ornements en vermeil et de style assez moderne sont appliqués aux coins de la bordure d’argent, dont ils cachent les onglets. La partie inférieure de la bordure repose sur une base en argent laminé et à moulures qui exhausse la châsse d’environ o'n,i2 et lui sert de piédestal. En dehors de l’encadrement qui est cintré, quoique le tableau ne le soit pas, brillent un grand nombre de bijoux en or, tels que chaînes, cœurs, bagues, colliers, croix, pendants d’oreilles, médailles, reliquaires, etc. Tous ces ex-voto sont attachés à des montants en ffl de fer autour de l’image. La madone est recouverte par un verre grossier. Le panneau a été autrefois dans un autre cadre. Il est maintenant fendu dans la hauteur ; la peinture, complètement fendillée et boursouflée en plusieurs endroits, offre une couleur un peu salie par le temps sans être sensiblement altérée. Le fond conserve une dorure encore fraîche. La sainte Vierge porte un nimbe quadrillé à la manière des madones byzantines; son manteau est vertbleu, il est entouré d’une bordure touge vermillon, avec dessins en jaune clair. Les ornements de cette broderie ressemblent aux caractères des langues orientales2. Le père Kircher a déclaré qu’on ne pouvait les rapporter à aucune langue connue, et que c’était un usage assez général,