‹ La Sainte ViergeChapitre 389 sur 1187 · Voir la figure. Hamon, II · texte numérisé non relu

Voir la figure. Hamon, II

un peu plus de deux pieds; sa pose est celle d’une reine assise sur son trône et à peu près celle des madones byzantines.

Le culte rendu à cette image est aussi ancien que la ville de Lille; il remonte donc au moins à l’année 1066. La collégiale de Saint-Pierre, où on l’honora pendant longtemps, fut bâtie par un comte de Flandre, Beaudoin IX, en 1047. L’image miraculeuse n'a eu qu'au xmc siècle sa confrérie et sa procession, mais il est vraisemblable qu’elle était placée dans cette église dès l’origine et bien avant d’être devenue miraculeuse ; grossièrement sculptée en pierre, elle a pu résister à l’incendie de la Collégiale en 12 13 *. Les plus graves auteurs ont parlé des miracles sans nombre dont la ville entière fut témoin et qui occasionnaient de magnifiques processions.

L’établissement d'une confrérie obtint la sanction du pape en 1254. Des extrémités de la France, de l’Italie, de l’Allemagne, on demandait à être inscrit dans le registre des associés. Parmi les plus grands seigneurs et les rois, on vit saint Louis et Philippe le Bon qui l’enrichirent de leurs offrandes. Lorsque celui-ci créa l’ordre de la Toison d’or, cet ordre célèbre qui ne comptait que trente et un chevaliers, il le plaça sous le patronage de Notre-Dame-de-la- Treille.

En 1634 eut lieu une des plus belles processions à la suite de laquelle les échevins consacrèrent la ville à la sainte Vierge. L’année suivante, l’évèque de Tournai vint à Lille se consacrer avec tout son diocèse à Notre-Bame-de-la- Treille.

En 1754, anniversaire cinq fois séculaire des premiers miracles de 1254, on y déploya une magnificence plus grande que jamais. On y vit figurer la Renommée, des anges, des chars portant les sibylles, etc. Cette procession, qui se renouvela pendant neuf jours au milieu d’une foule immense, fut le dernier éclat de ce culte

Page 1