DIOCÈSE DE CHARTRES
Parler du diocèse de Chartres, c’est réveiller en même temps les plus anciens et les plus illustres souvenirs du culte de Marie en France; comprenant avant la Révolution ceux de Versailles et de Blois, il n’a presque pas de paroisse qui n’ait sa confrérie de la sainte Vierge. Ce culte y a, pour ainsi dire, précédé le christianisme; c’est dans l’emplacement de sa basilique qu’une statue prophétique avait été élevée, et que les druides, prêtres des Gaulois, rendaient leurs hommages à la Vierge qui devait enfanter : Virgini pariturœ. Saint Savinien et saint Potentien, disciples de saint Pierre, vinrent, dès le premier siècle, révéler aux habitants du pays chartrain quelle était cette Vierge qu’ils adoraient sans la connaître. Ils lui apprirent à adorer son divin Fils et la grotte mystérieuse où se trouvait la statue fut dédiée à la mère de Dieu. Au rétablissement de la paix dans l’Église, on abattit le bois qui cachait la grotte, et on éleva à sa place un temple modeste, pour y célébrer les saints offices avec la dignité convenable. De nombreux miracles attestèrent combien la mère de Dieu agréait les prières faites en ce lieu et y amenèrent des pèlerins des pays les plus éloignés.
Il est, en tout cas, hors de doute que, dès le vme siècle, Chartres possédait une église dédiée à la mère de Dieu. L’annaliste de Metz nous apprend que le duc d’Aquitaine, Hunald, en 742, brûla cette malheureuse cité sans épargner le sanctuaire de Marie 2.