FRANCE. — DIOCÈSE DE CLERMONT
ville épiscopale un magnifique monument nommé depuis Notre-Dame-du-Port. Rien, dans les lieux, ne justifie cette appellation qu’on ne peut trouver que dans le culte de Marie qui est l’étoile de la mer, le port assuré contre les tempêtes d’ici-bas. SaintAvit1 fonda l’église (57 1-574) dans uneplace voisine de la cathédrale actuelle2. Au ixe siècle, les invasions des barbares interrompirent la manifestation de la dévotion à Marie ; mais la nature de la construction de cette belle église la sauva de l’incendie allumé par les Normands. Saint Sigon la restaura alors. On y voit saint Jean l’Évangéliste, le fils adoptif de Marie, Isaïe, le chantre inspiré de la nativité divine, l’adoration des mages, la présentation au temple. En 1394, Pierre de Barrière, prêchant devant le pape Boniface IX, ne craignit pas d'avancer que l'église Notre-Dame-du-Port occupait le premier rang parmi les cinq églises de France où il se faisait le plus de prodiges 3.
Le 15 mai, chaque année, est témoin d’une véritable fête pendant laquelle tous les pèlerins viennent visiter l’église souterraine consacrée à Notre-Dame-du-Port. On a dit que la statue miraculeuse est encore la même que celle devant laquelle saint A vit s’était tant de fois agenouillé. Quelques archéologues croient voir dans l’église Notre-Dame-du-Port un type du vie siècle, retouché plus tard, mais avec une délicatesse qui respecta et maintint dans ses parties les plus importantes, comme dans son ensemble, l’œuvre de saint Avit.
La principale gloire de Notre-Dame-du-Port fut d’avoir été le point de départ de lapremière croisade que le pape Urbain II vint y prêcher. Des pèlerinages, des miracles fréquents que constatèrent les dons abondants du peuple, du clergé, des princes, des rois, lui donnaient une domination temporelle des plus étendues. Ces biens immenses, qui servaient surtout à l’église et aux pauvres, avaient quelquefois l’inconvé¬