CH. VII. — FRANCE. — DIOCÈSE DE CLERMONT
couler un fil de cire dont la longueur mesurait la circonférence de la ville de Riom. Ce fil, roulé en forme de roue, était porté à la procession solennelle de Saint-Amable. Le dimanche suivant les marguilliers conduisaient la roue à Marsat et la déposaient à l’entrée du bourg sur deux grandes pierres spécialement destinées à cet usage. Le curé, les consuls de Marsat, accompagnés des bailes de la confrérie de Notre-Dame, venaient en procession pour la recevoir, et les marguilliers de Saint-Amable la leur remettaient « comme estant offerte au nom de la ville de Riom, pour la conservation d’icelle et à l’honneur de la sainte Vierge Marie, mère de Jésus, vénérée particulièrement en la chapelle de Notre-Dame-de-Marsat ». Après quoi les consuls donnaient à dîner aux marguilliers de Saint-Amable et à tous ceux qui avaient aidé à conduire la roue.
Au xive siècle, quelques contestations s’élevèrent sans doute sur le cérémonial de ce vœu et sur les charges qu’il entraînait, car, à la date du 16 mars 1383, nous trouvons une sentence de la sénéchaussée d’Auvergne qui condamne les bailes de la confrérie de Saint-Amable à faire présenter cette roue, en la manière accoutumée, le dimanche après la Saint-Amable, et les habitants de Marsat à donner un repas à ceux qui la porteraient.
La ville de Riom entrait pour une partie seulement dans l’acquisition de la cire de cette roue ; la confrérie de Saint-Amable et les marguilliers y contribuaient, mais la plus grosse somme était fournie par une association fort ancienne, connue sous le nom de Confrérie de la Chandelle de Marsat, qui devait fournir tout le luminaire à cette église. Par acte du 16 mars 1393, cette confrérie fut réunie à celle de Saint- Amable.
La statue de Notre-Dame-de-Marsat est d’une grandeur plus qu’ordinaire et représente l’enfant Jésus assis sur les genoux de sa mère. Les mains sont raides et longues, les plis réguliers sans modelé, le siège d’une grande simplicité. M. du Corail a eu la bonté de nous en procurer une
photographie dont on retrouvera la reproduction sur nos planches gravées. (PL CXXIX1.)
1. Voici quelques notes que M. du Corail, a bien voulu relever lui-même sur les anciens registres.
Le 15 juin 1631, dans une réunion qui eut lieu chez le premier consul de Riom, le président de Combes, et à laquelle furent appelés messieurs du chapitre de Saint- Amable, du Marthuzet, de la Sainte-Chapelle, les révérends pères gardiens, les capucins, cordeliers et le supérieur de l’Oratoire, membres du conseil de santé, marguilliers, intendants de l’Hôtel-Dieu, pour répandre les « prières et vœux qu’on pourrait faire à Dieu, pour supplier la divine bonté de garantir cette ville de la maladie contagieuse dont elle est menacée, a été délibéré et inséré dans le registre de la marguillerie, la résolution qui a été prise qui est d’apaiser dans ce vœu la très-sainte et trèsadorable Trinité, par trois jeûnes publics selon l’ordre de monsieur l'official . — Qu’à l’honneur de la très-sainte Vierge, autre procession se fera de Riom à Marsat et la messe sera dite en l’église de Notre-Dame dudit Marsat, à l’offrande de laquelle les consuls présenteront ce qui sera arbitré par l’assemblée. Quant à la procession de Notre- Dame de Marsat, elle a été faite le 14 juillet 1631 et la messe célébrée dans la chapelle de la Vierge par monsieur le doyen et a été fait présent d’une grande lampe d’argent pour être posée devant l’image de la Vierge par messieurs les consuls. »
On lit au chapitre xxvin des registres de la marguillerie un passage relatif à la roue offerte en don à Notre Dame de Marsat, aux compliments et cérémonies; de ce chapitre assez long et assez curieux j’extrais ce qui suit : On 11’a pu trouver dans les papiers de la marguillerie aucune instruction sur l’origine de cette roue, le premier compte où. elle est imposée, qui est de 1578, 11’en fait aucune mention. Cette roue en cire, dont il existe un spécimen à Marsat, a im,jo environ de diamètre, elle est portée sur un brancard muni de deux encastrements dans lesquels reposent les tourillons ou l’essieu, fixé au moyeu. De ce moyeu partent huit rayons en fer qui sont en forme de chapes, le brin de cire enroulé sur le moyeu est ainsi maintenu dans ces chapes et forme un disque de cire.
J’ai trouvé dans une autre délibération que cette roue contenait vingt-deux livres de cire et dans une autre délibération de 1655 que l’origine de cette roue était fort ancienne, sans qu’on puisse en spécifier le motif. C’est, dans tous les cas, un vœu à Notre-Dame de Marsat.
Voici encore la délibération du 28 juillet 1748, relative à cette roue : « MM. Chabrol, Grangier, Biozat et Legay, marguilliers pour 1748, ont fait porter la roue de cire à Notre-Dame de Marsat suivant l’usage et avec les cérémonies accoutumées. » Compliment fait par M. Chabrol : « Nous venons, en qualité de députés de la ville de Riom, satisfaire en ce jour à la loi que la piété de nos pères nous a imposée. Si cet usage est respectable pour nous par son ancienneté, il nous est précieux par le priu-
SANCTUAIRES ET IMAGES
NOTRE-DAME-DE-LA -ROCHE
d’un type plus ancien et des bronzes émaillés de Limoges.
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Notre-Dame-de-la-Roche, sur la paroisse de Mayres, est de temps immémorial l’objet d’une vénération particulière, et l’on s’y rendait autrefois de vingt-cinq lieues à la ronde1.
NOTRE - DAME-DE-MAURIAC
Notre-Dame-des-Miracles , à Mauriac, ville de 4,000 âmes, possède un pèlerinage vieux de douze, siècles. L’église, bâtie par la reine Théodelinde, fut refaite au xne siècle.
La statue noire repose sur une tour d’ivoire haute de six pouces.
Si la curieuse madone de bronze de Sauvetat ne sortait pas de notre cadre par sa date trop moderne (commencement du xive siècle), nous aimerions la reproduire, ainsi que la vieille commanderie qui lui sert de défense et que protège un labyrinthe fortifié et plusieurs remparts. En effet, quoique moderne, elle paraît inspirée
cipe qui l’a produit et il est important par les nouveaux avantages que nous pouvons en retirer. Tant de motifs réunis sont un sur garant qu’une si louable coutume se perpétuera d’âge en âge parmi nos neveux les plus reculés et que le vœu de nos premiers citoyens sera toujours maintenu dans sa première vigueur.
« A qui la ville, en effet, dans ses besoins les plus pressants, pouvait-elle recourir avec plus de confiance qu’à la mère de Dieu même? quel plus puissant protecteur pouvait-elle implorer?
« Mais nous avons encore besoin de votre intercession auprès d’elle, de vous, monsieur, qui êtes le digne ministre de ses autels et qui, joignant à une érudition solide une véritable piété et un zèle éclairé, réunissez en vous les qualités qui forment un pasteur choisi de Dieu, pour conduire un troupeau qui lui est cher.
« Qu’elle daigne par le secours de vos prières nous continuer les grâces qui ont attiré de la reconnaissance de nos ancêtres le léger tribut que nous lui offrons, qu’elle fasse, qu’héritiers de leurs noms et de leur patrie, nous le soyons encore de leur vénération pour elle et de leur piété et que, transmettant ces justes sentiments à ceux qui viendront après nous, nous méritions de ressentir toujours les effets de sa puissante protection.
i. Hamon, II, 209.
Notre-Dame-de-Sauvetat , d’après un dessin de M. Thébault.
Commanderie de Sauvetat.
A, Chapelle devenue l’église paroissiale. — B, Donjon.