‹ La Sainte ViergeChapitre 435 sur 1187 · NOTRE-DAME-DE-DIJON · texte numérisé non relu

NOTRE-DAME-DE-DIJON

Notre-Dame-de-Dijon était, dans le principe, une petite chapelle hors des murs ; elle portait , en 1150, le titre de Notre-Dame-du- Marché. En 1178, elle devint assez importante pour être érigée en paroisse. On y vénérait une statue en bois noir, d’un travail naïf et grossier, représentant la sainte Vierge assise avec l’enfant Jésus sur ses genoux. Cette église devint bientôt un pèlerinage célèbre, et, au xme siècle, on éleva, sur son emplacement même, la grande et belle église que nous admirons aujourd'hui.

Le 8 septembre 1513, quarante mille suisses assiégeaient Dijon, défendue par La Trémouille et six mille soldats. Trois tentatives d’accommodement sont repoussées par l’ennemi, qui n’accorde que vingt-quatre heures de trêve. On en profite pour faire des processions et prier la sainte Vierge, et le lendemain les assiégeants présentent des propositions parfaitement acceptables et se retirent.

Ces bienfaits et beaucoup d’autres n’empêchèrent pas les hommes de 1793 de piller l’église de Notre-Dame, de renverser ses autels, d’arracher la statue et de lui faire subir d’odieuses mutilations. On allait la brûler lorsqu’une femme pieuse, se revêtant des haillons de la misère, obtint qu’on lui cédât ce qui restait de la statue pour lui servir, disait-elle, de bois de chauffage pendant l’hiver. Au rétablissement du culte elle la rendit à l’église l.

La statue est couverte de vêtements comme la plupart de nos madones, assise comme les madones romanes. Dans l’origine, elle tenait l’enfant Jésus sur ses genoux. On a fait disparaître cette statuette, qui s’opposait à la position debout qu’on voulait prêter à la statue principale. Les traces de cet enlèvement sont faciles à reconnaître dans un dessin de M. Victor Petit, extrait du Bulletin monumental (de Caumont, page 1 1 8 2 ) , qui montre la Vierge noire

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