SANCTUAIRE
fection des copies, au génie des maîtres qu au progrès des élèves. Or l'éminente beauté de notre image étant incontestable, nous sommes porté à lui accorder une haute antiquité et à la ramener à l’origine. Mais ici se présente une difficulté presque insurmontable. Quelle a été l’origine de l’art que nous appelons byzantin, quels ont été ses progrès, ses développements? Tout cela est caché, car avant Justinien, au milieu du vT siècle, nous ne voyons guère dans les monuments que l’art romain en décadence, et puis tout à coup, sous cet empereur, l’art byzantin apparaît adulte, si I on peut s’exprimer ainsi, et revêtu de toutes les splendeurs orientales.
Entre Justinien et Constantin, que voyonsnous dans ce style? Quelques mosaïques à Thessalonique, quelques monuments de Théodoric, où le romain cache encore le byzantin ; mais avant le milieu du ve siècle, à notre connaissance, aucun monument pur, complet, sans équivoque.
Le Ve siècle nous parait satisfaire aux données du style qui nous est ici présenté1. Le nimbe à lui seul confirme cette hypothèse. On ne trouvera pas avant le vc siècle une madone parée du nimbe; celle du ive siècle, au cimetière Sainte- Agnès, très-peu postérieure à la paix de l’Église, n’a pas de nimbe; les madones, au contraire, du vc au vr siècle nous en fournissent une multitude d’exemples, entre autres le diptyque en ivoire du marquis de Trivulce (pl. VII), lacroix d’Agnellus (pl. CVI1), les mosaïques de Sainte- Apollinaire, à Ravenne, celle de Sainte-Sophie, à Constantinoplé, etc.
Résumé. — Disons donc en terminant, et à cause du prix qu il faut attacher aux traditions que nous avons rapportées, que si nous ne sommes pas devant une image originale de saint
1. Ces ligues étaient écrites lorsque nous avons lu que cette opinion était précisément celle du P. Garrucci, dont 1 autorité vient heureusement confirmer celle-ci. St or lu dell’ arte cristiana } III 16.
2. S il faut croire aussi que la manière de peindre à 1 encaustique se soit perdue au vle siècle, nous pourrions y trouver un nouvel argument à l’appui de notre thèse.
ET IMAGES
Luc, nous sommes devant la copie très-belle d’un original que les églises d’Orient avaient sans doute conservé depuis les âges apostoliques, copie que les papes tinrent à honneur de faire vénérer dans le premier sanctuaire de Marie.