‹ La Sainte ViergeChapitre 53 sur 1187 · Idem, 34 r · texte numérisé non relu

Idem, 34 r

trésors. La persécution des iconoclastes, de 727 à 847, amena à Rome une grande quantité d’images, dont celle-ci fut destinée à l’école grecque et placée dans la tribune au-dessus de l’ancien siège épiscopal. La peinture qu’on voit aujourd hui à cette place est faite en détrempe sur bois.

La Vierge est assise sur un siège qui ne paraît pas ; la robe est rouge et le manteau bleu, le voile blanc, — le fond en or avec des ornements noirs. Elle porte sur son bras gauche l’enfant Jésus qui bénit de la main droite. Une inscription grecque : Qd la mère de Dieu toujours vierge , a fait penser que cette peinture pouvait être du ve siècle, après le concile d’Éphèse. Elle est couverte par une glace et enfermée sous trois clefs. Le prix qu’on y attachait engagea le savant cardinal Bessarion à en faire placer une copie dans la chapelle qu’il venait de construire à l’église des Saints-Apôtres. Lors d'une inondation du Tibre, les archives de Sainte-Marie-in- Cosmedin furent détruites, mais l’image elle-même sortit intacte de ce désastre, et, quoique peinte à fresque, elle n’a pas perdu sa fraîcheur. Cette image, de in,,3o de large sur près de 2 mètres de hauteur, est la plus grande que nous ayons encore vue, elle est fort belle, mais n’a rien d’antique ni de byzantin dans le visage; la main seule rappelle le style grec. La tête se rapprocherait plutôt de la manière d’un contemporain de Raphaël; le nez n’a pas la courbure byzantine, les lignes sont d’une pureté ombrienne. On ne peut guère expliquer ce style qu'en supposant qu’elle ait été complètement repeinte au xv° siècle. Le

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