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- DIOCÈSE DE PARIS. 267
nous nous sommes fixée. La statue miraculeuse de la sainte Vierge fut apportée à Boulogne sur un esquif sans matelots et sans rames. (Voir Boulogne, diocèse d’Arras.) Le culte populaire s’attacha immédiatement à cette image de la mère de Dieu, et se répandit jusqu’à la capitale. L’affectueuse vénération des Parisiens envers Notre-Dame-de-Boulogne-sur-Mer était tellement vive et profonde, que tous les ans régulièrement ils faisaient le voyage de Boulogne pour lui adresser leurs vœux devant la sainte image. Mais, venant à faire réflexion que cette pieuse coutume pourrait à la fin être interrompue ou par les accidents de la guerre, ou par les nécessités de leurs affaires domestiques qui ne permettaient pas de réitérer si souvent un aussi long pèlerinage, ils s’avisèrent par une précaution également sage et religieuse d’établir dans leur voisinage un nouveau lieu de dévotion pour servir de supplément au premier.
Philippe le Bel (1285-1314), qui avait fait ses dévotions à Boulogne-sur-Mer, avait ordonné la construction d'une église sous l'invocation de Notre-Dame-de-Boulogne-la-Petite et sur le modèle de Notre-Dame-de-Boulogne-sur-Mer.
Philippe le Long réalisa ce projet en accordant aux habitants de Paris et autres, qui avaient été en pèlerinage à Notre-Dame-de-Boulogne-sur- Mer, la permission de faire construire une église au village de Menuz-lès-Saint-Cloud (in villa de Menus prope sanctum Clodoaldum) et d 'établir une confrérie entre eux avec la clause que le prévôt de Paris ou quelqu’un délégué par lui soit présent aux assemblées qui auront lieu.
Il paraît que cette église, qui était réellement une émanation de celle de Boulogne-sur-Mer, en avait pris le nom complet. Pour éviter les conflits que cette appellation d’emprunt pourrait soulever à l’occasion des donations qu’on réclamerait pour la mère au détriment de la fille, l’abbesse de Montmartre, en qualité de dame du lieu, décida, en 1320, que la paroisse s’appellerait désormais Boulogne-sur-Seine.
Pour entretenir la première ferveur , on offrait | à la vénération des fidèles, dans l’église près
SANCTUAIRES ET IMAGES
Paris, un morceau de la vénérable image de Notre - Dame - de - Boulogne - sur - Mer. Cette relique que la Révolution a fait disparaître était sous la protection du roi; comme celle du trésor de la Sainte-Chapelle, elle ne pouvait sortir de l’église que par arrêt de la Chambre des comptes, comme appartenant originairement au roi , qui permettait qu’on la portât, une fois par an, sous un dais et pieds nus, avec flambeaux et encens à l’Abbaye-de-l’Humilité de la sainte Vierge, bâtie par sainte Isabelle et dite Notre- Dame-de-Longchamps.
M. Forgeais donne les images de plusieurs plombs trouvés dans la Seine et qui représentent Notre-Dame-de-Boulogne. Ces plombs étaient probablement tombés dans le fleuve à la chute des ponts, couverts de maisons habitées généraement par des membres de corporations marchandes et ouvrières. Les corporations de métiers, à Paris, frappaient des médailles ou méreaux, sur lesquels elles imitaient l'image de leur patron, l’emblème de leur profession 1. Un plomb du xive siècle figure un vaisseau voguant à droite du spectateur, dépourvu de mat et de tout autre gréement, mais avec un château de proue: au milieu du pont, la Vierge assise, couronnée et nimbée d’un grènetis et tient de son bras gauche l’enfant Jésus, dont il ne reste plus qu’un débris ; à droite de la Vierge, un personnage debout, une rame ou large palette à la main, dirige le bâtiment. Sur le château de proue, un autre personnage reste debout, la main droite levée. Ces dernières figures n’ont plus de tète et avaient probablement des ailes. Une inscription sur un listel entoure ce sujet : C/lve. Maria plena. Dominas tecum benedicta tu in mulieribus.
Un autre plomb de la fin du xve siècle, sans aucun entourage, est assez remarquable, le vaisseau a un mât et une ancre.
LTn troisième plomb, également sans entourage et du xvie siècle, ressemble au deuxième; il porte de plus l’inscription: Nocter Da (Nostre-Dame).
i. Forgeais, p. u.
Un quatrième, du même temps, n’est qu’une variété du précédent.
Un cinquième, du xvie siècle, ne porte que la sainte Vierge et l’enfant Jésus et une inscription Nostre-Dame-Bouloigne.
Pertz, dans le VIe volume de sa collection, rapporte dans une chronique l’existence , en 1186, du monastère Saint-Étienne, près de Paris, dans lequel on conservait des cheveux de la sainte Vierge 1 .