Hamon, IV
SANCTUAIRES ET IMAGES
On y lit que le thaumaturge « arriva audit Heu du Mont-Roland, qui adonc avait un autre nom duquel il ne souvient à présent, ladite chapelle dédia et bénit comme légat de notre-saint-père le pape en l’honneur de Notre-Seigneur Jésus- Christ et de sa glorieuse mère ».
Un témoignage non moins formel nous est encore fourni par Louis Gollut, historien du xvie siècle, maire de Dole, qui rapporte que saint Martin, après avoir offert le saint sacrifice dans la chapelle dite depuis du Mont-Roland, consacra une autre église bâtie à quelques centaines de pas de Dole, qui subsistait encore sous son vocable.
De plus les auteurs du pays rapportent que les religieux du Mont-Rcland ayant voulu réparer leur église firent transporter dans une nef latérale l’autel dont la consécration était attribuée à saint Martin; on trouva dans cet autel une bandelette de parchemin sur laquelle étaient écrits ces mots : <£Martinus : episcopus Turonensis, me consecravit i. Ce monument périt dans la guerre de 1646, mais de Broissia, juge pour le roi d’Espagne à Besançon , témoigne que Mgr d’Andreville, suffragant de l’archevêque de Besançon qui fit la cérémonie de la translation, lui avait déclaré l’avoir trouvé et replacé dans l’autel nouvellement consacré.
Dans cette église d’une antiquité si avérée, les fidèles avaient coutume d’invoquer la reine des deux, qu’une statue honorée dès les temps les plus reculés rendait présente à leurs yeux. Voici la description qu’en faisait Simplicien Gody, religieux bénédictin, qui écrivait en 1651 l’histoire de Notre-Dame-du-Mont-Roland :
« Cette image, saincte et vénérable en tout ce qu’elle contient, n’a de hauteur qu’environ deux bons pieds. Elle est assise dans un trône, portant sur le giron son petit enfant qui donne la bénédiction. La matière est de bois solide, mais extrêmement moulu et consumé de vieillesse, c’est pourquoi il a fallu suppléer avec du carton la caducité et le déchet du bois en quelques