SAINTE-MA RI F. -TR ASPONTINA
Vers la fin du xn° siècle, lorsque Saladin désola la Palestine, de saints ermites dévots à la sainte Vierge du Carmel enlevèrent les images et les reliques et les conservèrent dans leur couvent. En se réfugiant en Europe, ils fondèrent des congrégations dans beaucoup de villes et y portèrent avec leurs saints usages la piété et le culte de Sainte-Marie-du-Carmel. Une de ces images resta à Naples, dans l’église du Carmel- Majeur, et l’autre fut portée à Rome, dans l’église de Saint-Julien. En 1484, Innocent VIII la donna à une église déjà dédiée à la sainte Vierge par Adrien en 785, au débouché du fort Saint-Ange, où sont actuellement les fossés du château. Pie IV, voulant entourer le môle d’Adrien de fortifications, assigna une nouvelle place à l’église des Carmélites et l image y fut transférée en 1564. La sainte Vierge tient sur ses genoux l’enfant Jésus, qui l’embrasse : son bras droit sous l’enfant le supporte et le gauche lui entoure le corps. L’expression du visage de la sainte Vierge est charmante ; le nez est long ; manteau bleu, robe rouge; l’enfant Jésus à demi couvert d’une chemisette rouge. On ne voit pas de nimbes, mais deux couronnes d’or qui ont très-peu de relief sur le fond. L’histoire de cette madone, comme on vient de le voir, ne peut la faire remonter bien haut; mais il faut ajouter, malgré son style qui la fixerait au xvc siècle, qu’elle doit être une copie de l’image primitive.