Id., XII
que l’on honore maintenant sous le vocable de Notre-Dame-de-Guadalupa.
GUARRAZAR (près Tolède).
Dans les derniers mois de 1858, un officier français, dont la résidence était fixée en Espagne, entreprit quelques fouilles dans un terrain acquis par lui au lieu appelé la Fuente-de-Guarrazar, et découvrit des couronnes d’or wisigothes d’un prix incomparable. La plus importante devait remettre au jour un souvenir de l’ancienne dévotion des rois espagnols à la très-sainte Vierge ; quatre chaînettes d’or suspendent cette couronne et la rattachent à un double fleuron d’or à six branches , auquel est suspendue une croix de om,23 de hauteur. Le revers de cette croix porte une inscription ainsi conçue :
+ In Di ( Domini ) nomine offeret Sonnica sce Marie in Sor-
[baces.
Les mots Sanctœ Mariæ indiquent le vocable de l’église où avait été consacrée cette croix, et probablement le trésor entier de Guarrazar ; mais le nombre des églises dédiées à la sainte Vierge est considérable, et la désignation spéciale de l’église était dans les mots in Sorbaces. M. Lavoix, trouvant dans le mot Sorbaces la racine gothique shaur signifiant toit ou crypte, et devenue sor avec le mot baces, bas ou basse en mauvais latin, en a fait Sainte-Marie-d’enbas. M. de Lasteyrie traduit Sanctœ Mariæ in Sorbaces par Notre-Dame-des-Cormiers. M. Du Sommerard a trouvé une autre solution plus naturelle, selon nous. Il existe dans la province de Grenade une petite ville du nom de Sorbas, ville oubliée aujourd’hui et située à six lieues de Majucar, dans un pays fertile : ce serait le nom porté par l’inscription. Il est très-probable que le trésor de Guarrazar, comme beaucoup d’objets chrétiens et précieux, aura été enfoui dans les premières années du vme siècle, lors
SANCTUAIRES ET IMAGES
de l’invasion de l’empire des Visigoths par les Arabes. Voici donc, après plus de mille ans d’oubli, le nom et le souvenir du culte de Marie qui sortent tout à coup de terre, exhumés du milieu de l’Espagne 1.
L’histoire nous mentionne un sanctuaire de la sainte Vierge non moins ancien (757), celui du monastère de Sainte-Marie, près de Gangas, où furent enterrés le roi Alphonse et son épouse2.