Hübner
2. Fernandez Guerra y Orbe : monumenro Zaragozano del ano 312 que représenta la Asuncion de la Yirgen. (De Rossi, Bulletin archéologique } M. Le Blant en possède un dessin qu’il m’a montré. Voyez Assomption.)
l’hémoroisse ; à droite, l’aveugle-né, et plus loin .les noces de Cana; enfin aux angles, des espèces de cariatides. Quelle qu’ait été la pensée du sculpteur de ce marbre, qu’il ait voulu représenter l’âme du défunt, l’église ou la sainte Vierge dans son ascension, l’idée, au point de vue du symbolisme primitif, est presque identique; Marie, au pied de la croix, figure l’Église universelle. Pourquoi figure de douleur n’aurait-elle pas été figure de gloire? Aussi nous ne voyons pas difficulté à revendiquer ce bas-relief pour notre recueil iconographique1.
NOTRE-DAME-DEL-PILAR
Une tradition non interrompue nous apprend que saint Jacques le Majeur alla porter aux Espagnols le flambeau de la foi. Selon les plus probables supputations, cette mission doit se placer peu après le martyre de saint Etienne. Voici le récit approuvé par douze cardinaux sous le pontificat d’innocent XIII et inséré dans les leçons de l’office propre de Notre-Dame-du- Pilier, le 12 octobre 1723 :
« De tous les lieux qui offrent, en Espagne, un attrait spécial à la dévotion, le plus illustre sans doute est le sanctuaire consacré à Notre-Dame sous l’invocation de Notre-Dame-du-Pilier. Suivant une antique et pieuse tradition, saint Jacques le Majeur, conduit par la divine Providence en Espagne, séjourna quelque temps à Saragosse. Il y reçut de la Vierge une faveur insigne. Une nuit qu’il priait avec quelques disciples sur le bord de l’Èbre, la Mère de Dieu, encore vivante, lui apparut et lui enjoignit de bâtir là un oratoire. L’apôtre obéit sans retard; avec l’aide de ses disciples, il éleva une petite chapelle. Dans la suite des temps, on y construisit une église plus vaste, dont on fête la dédicace dans la ville et le diocèse de Saragosse, sous le titre du Saint-Sauveur, le quatre des ides d’oc- , tobre... »
1 . Des sarcophages à Astorga et à Layos représentent une assomption du même genre.
SANCTUAIRES ET IMAGES
Les légendes populaires ajoutent quelques détails1, celui-ci, par exemple: Comme saint Jacques sortait de la ville la nuit avec quelques néophytes, ils entendirent, sur les rives du fleuve de l’Èbre, un concert angélique. Les esprits célestes chantaient en l’honneur de la Vierge Immaculée : c 4ve Maria, gratia plena. L’apôtre fléchit le genou et reconnut la Mère de Dieu sur un pilier de marbre blanc. Elle lui dit : « C’est ici la place où il faut bâtir une église en mon honneur. Cette colonne, apportée du ciel par les anges, sera le centre de la chapelle que tu vas me consacrer. » Les anges ramenèrent ensuite la sainte Vierge à Jérusalem, qu’elle habitait alors ; c’était avant son arrivée àÉphèse, où plus tard le grand apôtre de l’Espagne vint la retrouver 2.
Jean-Baptiste de Lezana, auteur aussi savant que sérieux, raconte la même histoire avec quelques variantes; il prétend que saint Jacques le Majeur, frère de Jean, fils de Zébédée, reçut du Christ l’ordre d’aller prêcher l'Évangile en Espagne. 11 partit, après avoir fait ses adieux à la Vierge et lui avoir promis de bâtir une église en son nom dans la ville où il ferait le plus de conversions; après avoir parcouru une partie de l’Espagne, il arriva à Saragosse, où il vit en songe la sainte Vierge qui lui indiqua l’endroit précis ( Pilare istnd) où il devait lui élever l’Église 3.
Cette tradition de l’apostolat de saint Jacques est appuyée sur les monuments les plus respectables ; telles sont les anciennes liturgies de ce royaume et le bréviaire mozarabique. Elle est confirmée par saint Jérôme, saint Isidore de Séville et de nombreux docteurs dont s’honore l’Église d'Espagne4.
Plusieurs villes d’Europe possèdent des reliques de saint Jacques, Paris, Anvers, etc., mais la plus riche est Compostelle, capitale de la
1 Pillon de Thury, Rosier de Marie , II, 163.
2. Revue de l'arc chrétien , VI, 318. Une gravure y est jointe.