‹ La Sainte ViergeChapitre 772 sur 1187 · BASSE-WAVRE · texte numérisé non relu

BASSE-WAVRE

Quoique ce ne soit pas une image de la sainte Vierge, mais une châsse miraculeuse qui soit à Basse- Wavre l’objet de la dévotion populaire, ce sanctuaire occupe toutefois une place trop importante dans l'histoire du culte de Marie en Belgique pour être négligé.

Voici la tradition :

En 1050, les habitants des villages voisins du fond de Basse-Wavre entendirent dans les airs des voix angéliques au-dessus de ce lieu. Ce prodige se renouvelait à toutes les fêtes de la sainte Vierge : dès ce moment, une grande affluence de pèlerins commença à se porter vers cet endroit, choisi par Marie elle-même. Les habitants de Wavre commencèrent aussitôt la construction d’une chapelle sur la hauteur voisine, dite montagne du Balloit. Us jugeaient le fond marécageux impropre à une construction. Mais chaque matin ils trouvaient leur travail de la veille détruit et les matériaux emportés. La garde des travaux fut alors confiée à des prêtres. Vers minuit, ils aperçurent une lumière éblouissante et dans ces clartés une foule d’anges

p. 29 ; — Génard, 0. L. V. op ’t stacksken te Autwerpen , Anvers, 185J, in-8°; — A. de Reume, Vierges miraculeuses en Belgique , p. 5.

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SANCTUAIRES ET IMAGES

entourant et louant la sainte Vierge ; bientôt ils virent les anges descendre et rouler de leurs propres mains les pierres au fond de la vallée, pendant que la sainte Vierge disait : « Hanc vallem inhabitabo quoniam elegi eam. » Dès lors le doute ne fut plus permis.

Un matin on trouva devant la porte de la chapelle une châsse d’une matière tellement précieuse et d’un travail si parfait, que les fidèles n’hésitèrent pas à y voir un présent de la sainte Vierge. Ce fut en effet comme une arche d’alliance qui provoqua de nombreux miracles dans le pays.

La renommée de Basse-Wavre se répandit au loin; sur les instances de Henri III, comte de Brabant et fondateur de l’abbaye d’Afflighem, des religieux vinrent servir la chapelle en 1092.

Godefroy le Barbu, duc de Brabant, joignit à la précieuse châsse plusieurs reliques de la sainte Vierge et en confia la garde, ainsi que le service de la chapelle, aux religieux bénédictins d’Afflighem, qui s’y élevèrent un petit prieuré.

En 1150 la châsse fut portée à Bruxelles pour être renfermée dans une autre châsse en orfèvrerie. La peste ayant éclaté à Bruxelles, on eut recours à la châsse miraculeuse, et les personnes qui vinrent prier devant elle furent guéries ; aussitôt le bruit s’en répandit, la châsse fut exposée dans l’église de Saint-Nicolas et le concours du peuple devint immense; le fléau disparut en peu de jours. La présence de la sainte châsse à Bruxelles opéra un changement prodigieux dans les cœurs; toutes les haines et les jalousies se calmèrent ; le peuple dans sa reconnaissance donna alors à Notre-Dame-de-Basse-Wavre le titre de Notre-Dame de Paix et de Concorde. Là-dessus, l’abbé d’Afflighem voulut transférer l’arche de Wavre dans son propre monastère; mais il n’y put réussir. Elle fut alors portée à Basse-Wavre sans difficulté.

A la malheureuse époque des gueux, la chapelle fut profanée, l’arche brisée et les reliques brûlées.

En 1626 les archiducs Albert et Isabelle, de mémoire bénie, rétablirent le sanctuaire, et, en

souvenir des bienfaits de Notre-Dame-de-Basse- Wavre envers la ville de Bruxelles, ils firent placer sous une statue de la sainte Vierge, à la façade de l’édifice dit Maison-du-Roi , sur la grande place de Bruxelles, l'inscription suivante :

A peste , famé et lello. libéra nos} Maria Pacis.

Cette statue avec son inscription existe encore.

Vers la même époque, le cardinal-archevêque de Malines, Jacques Boonen, fit faire pour Basse- Wavre une nouvelle châsse, dans laquelle on déposa les débris de l’ancienne et plusieurs reliques. La châsse de Basse-Wavre est e-ncore aujourd’hui l’objet d’un culte constant. Les papes Innocent XII, Clément XII et Pie VII accordèrent des indulgences à la confrérie de Notre-Dame-de-Basse-Wavre1.

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