CH. XI. — BELGIQUE. — BASSE-WAVRE
Abstraction faite de la possibilité d’une origine plus antique du culte de Marie à Anvers, voici ce que disent les annales de cette ville : après les invasions normandes, vers l’an 900, on trouva suspendue à un arbre, dans un endroit marécageux voisin de la ville, une petite statue de la sainte Vierge. Il s’y opéra des miracles. Un concours de fidèles se forma, et une modeste chapelle ne tarda pas à s’élever en ce lieu. La sainte Vierge porta dès lors le nom de Notre- Dame-sur-la-Branche.
En 1x24, les chanoines de l’église Saint-Pierre, ayant cédé leur temple aux prémontrés, entreprirent au lieu de cette chapelle la construction de l’église Notre-Dame, depuis cathédrale. Dès lors la sainte Vierge fut la patronne d’Anvers : c’est à la protection spéciale de Marie, dit Diercxens ( oAutverpia Christo nascens et cressens) que l’on doit attribuer l’attachement de la ville d’Anvers à la foi catholique et sa piété toujours florissante que cette cité semble être le temple du Seigneur 1 .
C’est là, dit-on, que Godefroy de Bouillon, le
devenue. A l’appui de la tradition, nous avons un sceau du chapitre des chanoines de l’église Notre-Dame qui a été fait au XIIIe siècle, et qiw retrace une image de vierge ayant les attributs de celle du IXe siècle avec le caractère du XIIIe siècle, ce qui démontre que déjà alors la statue du IXe siècle n’existait plus. (PI. CXLII.)
Voici encore quelques renseignements qui nous sont transmis d’Anvers à ce sujet : « Après avoir fouillé dans les archives de la cathédrale de Notre-Dame et avoir demandé des explications à des gens compétents, j’en suis arrivé à la certitude qu’aucun vestige ne demeure de la statue du IXe siècle. Faute de mieux, j’ai donc fait copier la gravure d’un sceau du XIIIe siècle qui n’existe plus, sceau qui a été fait d’après la statue qui existait, dit-on, au commencement du XIVe siècle et qui, par conséquent, a une grande valeur archéologique. Je crois pourtant bon de vous dire d’avertir M. Rohault d’être très-prudent pour l’histoire de cette vierge miraculeuse et de ne rien affirmer de certain sur le dessin et les explications que je donne. Tout est absent dans l’histoire de cette statue; son existence dans des temps éloignés est seule certaine. Plusieurs livres ont été écrits à son sujet, et aucun auteur n’est parvenu à donner des explications convenables et du modèle de cette statue et de son histoire. »
j. Gramaye, Antiq. Belg. Autverpia, lib. II, cap. III ; — Diercxens, Aut. Christo nàscens et crescens ; — Inscriptions funéraires et monumentales de la province d’Anvers , t. I,
vainqueur de Jérusalem, allait souvent rendre ses hommages à Marie.
La cathédrale, en tout cas, remonte au moins au xiic siècle. Le chœur fut fondé en 1124, comme on le trouve dans les mémoires de Pierre Egidius, bourgeois de la ville, et, la même année, ce temple fut consacré par Burcard, évêque de Cambray, ce qui est confirmé par ces vers latins :
Undecies centum ductis et sex quater annis, Virginis a partu conciliante reum Burcardus Præsul hæc atria, nec minus aram, Sacravit medium quod tenet ecclesia.