CH. XI. — BELGIQUE
catholiques la prirent et la cachèrent soigneusement.
Guillaume Laing, Écossais de nation, dit que, ne pouvant autrement la sauver, ils se décidèrent à l’envoyer en Belgique à la pieuse infante, qui était alors à Dunkerque. Le vaisseau sur lequel la statue était placée se brise sur le rivage par suite d’une tempête. L’inspecteur de la flotte court à la statue, s’en empare, la porte chez lui et la place sur un autel pour qu’elle protège sa maison et sa famille. Loin de là, son vol sacrilège est cause pour lui d’une maladie mortelle, et il veut restituer son larcin. Le confesseur va trouver l’infante, qui le charge de lui apporter la statue dans un linge blanc. Celui-ci demande alors à l’infante de la donner à son couvent des Augustins à Bruxelles. L’image figurée par de Los Rios représente la statue habillée et portant l’enfant Jésus dans ses bras.
Notre-Dame-du-Bon-Succès. (D’après un dessin de M. Alb. Dillens.)
Quelques personnes doutent de l’exactitude des souvenirs qu’on vient de rapporter. Nous avons donc voulu juger la statue intrinsèquement et nous avons chargé un jeune peintre de talent, M. Alb. Dillens de Bruxelles, de nous en faire une copie. Il faut évidemment devant l’image
renoncer à la grande antiquité d’Aberdeen; sa pose debout, la savante composition du groupe,
1 élégante manière des plis nous font descendre au moins à la fin du xiv° siècle. La seconde question, celle de sa provenance écossaise, est plus difficile à résoudre; cependant la physionomie de cette statue me paraîtrait plutôt anglaise que flamande, et ne saurait aucunement infirmer l’authenticité de la légende. Quoi qu’il en soit, cette sculpture doit à bon droit être rangée parmi les meilleures de la fin du moyen âge.
NOTRE-DAME-DE-LA-PAIX
Ce titre fut donné à la madone de l'église Saint- Nicolas, à l’occasion delà paix conclue en 1142 entre Godefroid , duc de Brabant, et Berthold, seigneur de Malines, qui avaient désolé le pays par leurs dissensions continuelles. Godefroid III le lui donna pour la première fois lorsqu'il se rendit à cette église pour remercier Dieu et sa sainte Mère de l’heureuse fin des luttes intestines dont avaient eu à souffrir ses États pendant quarante ans.
La statue de Notre-Dame-de-la-Paix était spécialement exposée à la vénération des fidèles depuis Pâques jusqu'à la Saint-Jean, et les miracles étaient alors plus fréquents qu’à aucune autre époque.
L archiduchesse Isabelle contribua beaucoup à rehausser l’éclat de son culte.
Il existe une confrérie de Notre-Dame-de-la- Paix, dont la fête principale est au 8 septembre, jour de la nativité d e la sainte Vierge. Clément XII l’enrichit d’indulgences 1 .
NOTRE-DAME- DE-H AL
De toutes les madones que possède la catholique Belgique, il n’en est pas à laquelle on ait voué un culte plus ardent qu’à la Vierge miraculeuse de l’église de Hal, depuis des temps reculés jusqu’à l’heure actuelle.
La tradition fait remonter son origine, comme