CH. II. — ROME. — SAINT-PAUL-HORS-LES-MURS
SAINTS-NEREE-ET-ACHILLEE.
Quoique cette basilique ne soit pas dédiée à la très-sainte Vierge, elle garde trop de souvenirs de son culte pour ne pas arrêter notre attention. Fondée dès les premiers temps de la paix de l’Eglise, elle tombait déjà de vétusté sous le pape Léon III, qui songea à la restaurer et à lui rendre son ancienne splendeur. Il l’éleva au-dessus des inondations dont elle était victime et la rendit plus ample et mieux décorée; ensuite ce grand pape la combla de présents magnifiques, entre autres il lui donna une aube de soie où l’on voyait la Nativité, la Résurrection, YoAscension et la Pentecôte, entourées de rosaces d’or. Ces riches broderies ont disparu, mais les mosaïques du vmcsiècle qu’il y a laissées ont été moins fragiles et nous sont restées. L’arc triomphal nous montre encore deux madones dans ses deux tympans et au-dessus la .Transfiguration qui en occupe le sommet. (PI. XVC.) Dans le tympan de gauche , l'ange , en robe blanche passementée de rouge, vient annoncer le divin message. La sainte Vierge, assise, fait de la main droite un geste d’étonnement et de l’autre tient encore le fuseau qui lui sert à tisser le voile de pourpre. Son voile et tous ses vêtements sont brun-rouge, et leurs plis sans modelé, indiqués par des raies brunes plus foncées. Le trône est jaune; le groupe entier se détache sur un fond bleu. L’autre tympan nous montre la réalisation de la promesse divine et la bienheureuse Marie en possession de son fils; l’ange y paraît encore, non plus au titre de messager, mais comme adorateur; le costume est à peu près le même, seulement la coiffure blanche qui serre les tempes et qui apparaît sous le voile brun paraît plus plissée. L’enfant Jésus porte une robe jaune avec bande rouge et un manteau jaune. Cette œuvre si intéressante par son âge reculé nous présente, ainsi que nous avons déjà eu l’occasion de le remarquer dans « les Évangiles », le dernier degré de la décadence, et l’absence complète de dessin, de modelé, d’entente n.
des couleurs, tout accuse violemment dans ces tableaux l’extrême abaissement de l’art; mais qu’importe! c'est un hommage rendu à notre très-sainte et bien-aimée Vierge, et nous nous empressons de l’enregistrer. Croyons-nous d’ailleurs que les chastes peintures des anciens siècles ne lui soient pas plus agréables que les savantes voluptés des artistes de la Renaissance?