CH. XI. — BELGIQUE. — MALINES
M. le curé d’Hanswyck, qui a bien voulu nous communiquer l’image de la madone, nous transmet les renseignements suivants sur son histoire : « Il est certain, d’après les vieux manuscrits du chapitre métropolitain de Malines, que 300 ans avant cette époque (avant l’an 1288) l'image miraculeuse de Notre-Dame d’Hansnyck était déjà visitée par un grand concours de fidèles. » C’est donc avec raison qu’on assigne l’année 988 comme le commencement de notre pèlerinage.
« Vous verrez aussi dans la notice que le savant Thomas Cantinpré, évêque suffragant de Cambrai, écrivait déjà avant 1269 que Marie avait fait dans le sanctuaire d’ Hanswyck beaucoup de miracles, racontant comment une fille fut délivrée de l’esprit malin, in oratorio gloriosce Virginis in Hansjpyck ; il ajoute : fréquenter ibidem Maria virtutum operatrix miracula plurima demonstravit.
« Enfin, dans un vieux manuscrit du couvent d'Hanswyck, daté de 1355, il est fait mention du « concours d’innombrables fidèles à Notre- Dame d'Hanswyck, très-célèbre par les miracles et l’ancienneté » .
« Ce manuscrit, comme le témoignage de Thomas Cantinpré, ne prouve pas matériellement que l’origine de notre pèlerinage remonte à l’an 988, cependant il est évident que l’un et l’autre le supposent déjà ancien.
« Mais avons-nous encore l’image primitive de Notre-Dame d’Hanswyck? Cette question a préoccupé il y a quelque temps nos archéologues de Malines. A la suite d’une discussion à la section littéraire de notre Cercle catholique sur les statues des églises de cette ville, plusieurs membres me prièrent de leur laisser examiner notre image miraculeuse dépouillée de ses vêtements. Par suite de cet examen, ils ont été d’avis que les
et 1 10. Wichtnans, Brabantia Maria.no.. A. de Reume, Vierges miraculeuses de Belgique , p. 366.
Voir à Bruges la bibliothèque de l’ancienne abbaye des Dunes, augmentée de celle de Msr Malou, qui a écrit sur la sainte Vierge.
Album du jubilé de 1875, célébré en l’honneur de Notre- Dame d’Hanswyck , 20 pl. in-40, Malines, 1863,
formes actuelles de cette image ne peuvent être reculées à l’époque de l’origine de notre pèlerinage(988); que, d’une autre part, la statue dans son état actuel est de deux sortes de bois (du chêne et du noyer) et semble être une agrégation de diverses pièces rapportées. Par ces motifs, ces messieurs pensent que la statue primitive a été brisée et endommagée, que les parties brisées ont été rejointes et qu’à cette occasion les formes furent adaptées au goût de l’époque où ces modifications ont eu lieu. La nouvelle couronne qui a servi en juillet dernier (1876) à son couronnement solennel est le produit de dons volontaires; elle a été faite à Gand par M. Bourdon, d’après le dessin de M. le baron Béthune ; elle est tout en or et ornée d’une masse de diamants et de pierres précieuses ; on en a fait le plus grand éloge. »
(Pl. CXXXV.) Une pieuse personne qui a prié devant cette statue nous dit que la figure est si belle, qu’elle est restée gravée dans sa mémoire.
NOTRE-DAME-DES-MIRACLES
On vénère à Malines une Vierge byzantine sous le nom de Notre-Dame-des-Miracles. Elle est peinte sur toile collée sur panneau et découpée au contour de l’image ; les bords de la toile sont enfoncés dans le bois. Le fond, primitivement bleu, vient d’être doré tout récemment. On ne connaît pas l’origine de cette Vierge, nommée aussi vulgairement la Viergenoire (Pl. CXXXV).
NOTRE-DAME- DES- REMÈDES
Le 28 janvier 1198, sous le pontificat d’innocent III, fut instituée à Malines une confrérie pour le rachat des captifs des mains des Sarrasins ; elle fut placée sous l’invocation de la sainte Vierge avec le titre de Notre-Dame-des-Remèdes. Quarante-huit papes jusqu’à Innocent XI, et plus tard Paul V et Clément X, confirmèrent cette institution.
Le siège de la confrérie était dans la chapelle
SANCTUAIRES ET IMAGES
de Notre-Dame -de -Misère, devant laquelle venaient prier les membres de l’association pour obtenir la délivrance des captifs. Ces prières et les aumônes des pieux fidèles facilitèrent le rachat d’un grand nombre de captifs. Ces heureux résultats rendirent la chapelle célèbre, et l’image de Notre-Dame-de-Misère, considérée dès lors par les fidèles comme miraculeuse, vit accourir à ses pieds de nombreux pèlerins.
La statue de « Notre-Dame-des-Remèdes » est de bois sculpté ; à ses pieds l’on voit deux esclaves à genoux, ayant de grosses chaînes autour du cou1.
MESSINES
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JTvm- Qn }gnore l’origine de l’image miraculeuse de
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Marie que l’on vénère dans la ville de Messines ; mais il n’y a pas de doute que déjà au commencement du XIe siècle les pèlerins étrangers y affluaient. Des miracles éclatants qui eurent lieu en 1057 engagèrent la princesse Alix, épouse du comte Baudouin de Lille, à fonder en l’honneur de la sainte Vierge une magnifique abbaye, où elle se retira après la mort de Baudouin. Robert le Frison confirma les donations de sa pieuse mère en y ajoutant de ses propres domaines, et dans ses lettres patentes de 1080 il motive -ses libéralités par le grand nombre de miracles qui s’opèrent dans ce sanctuaire. Cette abbaye est aujourd’hui une maison royale d’orphelines pour les filles des militaires sans fortune2.
On voit une gravure de la madone dans le livre de Barnabe d’Armentière (Lille, 1676); la statue habillée tient l'enfant Jésus en avant, ce qui se¬
rait un signe d’ancienneté.
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t Vcur é' ^ réservé à la statue pendant les troubles révolu-
- tionnaires, et voici les renseignements que nous avons pu recueillir, grâce au bienveillant inter-
Nous nous sommes informé du sort qui avait été
médiaire de M. l’abbé Del vigne : s J’ai ouï dire, il y a une cinquantaine d’années, par une personne qui était ici lors de la révolution de 93, que les Français avaient enlevé la statue de Notre-Dame de Messines et l’avaient conduite à Bailleul (France), mais aucun écrit n’en fait mention. M. de Beauval, d’heureuse mémoire, en a fait sculpter une autre, qui est aussi vénérée par tout le monde que la véritable. #
NICELLA.
Le monastère des moines de Citeaux à Nicella possédait dès les temps anciens une image miraculeuse de la sainte Vierge. Innocent III, pour subvenir aux frais d’une croisade, avait ordonné au monastère de lui donner le quarantième de sa fortune mobilière. Les moines, s’appuyant sur des privilèges accordés auparavant par des papes, s’y refusèrent. Innocent allait les frapper, mais son bras fut arrêté par la sainte Vierge, qu’ils avaient invoquée1.