Historié and monumental. Rome, p
SANCTUAIRES ET IMAGES
tivitatem D. N. J. C. » Qu'on s’imagine l’effet que devait produire ces voiles grandioses tombant de l’arc immense de Saint-Paul, relevés sans doute par des agrafes aux deux colonnes et montrant aux fidèles les deux plus glorieuses scènes de la vie terrestre de Marie, l’Annonciation et Noël. On croit que les fresques qui subsistent dans le vestibule du cloître, du moins celle de la Crucifixion, sont contemporaines de ces voiles; on les fait remonter généralement au ixe siècle; en effet, la physionomie du Christ, les yeux ouverts et fixes, sa tête droite, les bras parfaitement horizontaux, les pieds séparés sont autant de caractéristiques d’une époque fort éloignée. Nous mentionnons cette peinture à cause de la sainte Vierge, qui assiste aux derniers moments de son fils; elle est vêtue d'une robe bleue et, enveloppée dans les longs plis d’un voile, elle élève les bras vers le Sauveur. Cette fresque, très-usée par le temps, ne laisse presque plus apercevoir les couleurs primitives.
‘ Tontes de bronze. — Après l’effroyable catastrophe de 1823, qui ruina l'église d’une façon si irrémédiable, on ne doit pas être surpris du petit nombre d’anciens monuments qui nous sont laissés et, par conséquent, de la rareté de ceux qui nous y rappellent le culte de Marie. Toutefois une épave qu’on avait longtemps crue perdue a survécu et nous donne de beaux témoignages de la dévotion du xi° siècle envers la mère de Dieu ; nous voulons parler des portes de bronze qui fermaient autrefois l’entrée de la basilique. Après l’incendie, on en recueillit les fragments épars dans de grandes caisses, où elles restèrent longtemps ensevelies ; le tombeau vient heureusement de s’ouvrir à la satisfaction des archéologues qui retrouvent ici pour l’histoire iconographique des images datées. M. Vespignani, auquel nous devons la permission de les visiter, les a fait dresser dans une des salles conventuelles, enfermer sous une armoire, et il a eu la bonne idée, pour permettre d’en étudier de près tous les panneaux, de construire devant l’armoire un grand escalier roulant. Grâce à cette libéralité,
nous avons pu prendre des estampages de tous les compartiments relatifs à l’histoire de la sainte Vierge. Les traits en creux qui forment les dessins et que la cupidité a successivement dépouillés des lames d’argent qui les remplissaient se prêtaient à merveille à ce genre de copie aussi rapide qu’exacte. Nous pouvons donc assurer de la reproduction consciencieuse que nous en donnons sur nos planches. (Pl. XLVIII, XLIX, L1II et LX.) Nous ne reviendrons pas sur les détails qui ont été présentés dans notre revue iconographique des scènes historiques; nous voulons seulement rappeler l’existence et l’intérêt de ce monument, l'un des plus curieux de la basilique.
Bible. — Nous ne pouvons nous éloigner sans donner aussi un regard à un monument presque aussi précieux et plus ancien. La Bible de saint Paul, magnifique manuscrit en tètejduquel est l’image de Charlemagne et qu’on dit avoir été donné par cet empereur, est un missel de om,46 sur om,3Ô et om,i2 d’épaisseur. Il renferme la Bible tout entière écrite de la même main sur deux colonnes, d'une petite écriture parfaite; les folios ne sont pas numérotés. (Pl. LU, LV, et CX.) Il y a très-peu de miniatures à sujets, et deux seulement concernent la sainte Vierge ; l'une comprend la Pentecôte et l’Ascension, l'autre la prédiction d’Isaïe. Dans celle-ci, la partie supérieure du tableau présente le Christ dans la gloire avec les animaux symboliques et les vingt-quatre vieillards; dans sa partie inférieure, on voit la sainte Vierge entre le roi Achaz, à la tète de son armée, et le prophète Isaïe. La sainte Vierge porte une robe rouge minium avec deux bandes d’or, un manteau blanc. Isaïe est tout en blanc avec les pieds nus. Au-dessus de la tête du roi, on lit : C Acha\ est cum exercitu. ; au-dessus de la sainte Vierge : Ecce virgo concipiet, et au-dessus d’Isaïe, simplement son nom. Ces miniatures ont quelque chose d'étranger à l’art byzantin; elles «échappent un peu, par un rare privilège, à la tyrannie que l’école grecque faisait au ixe siècle peser sur toute l’Europe. Sans doute on y retrouve