Gumppenberg, XII, 476. — Brabanüa mariana
siale de Saint-Martin et placée sur le maîtreautel ; mais la nuit suivante les anges la reportèrent dans la cour du château. Hector, une seconde fois, la fit replacer dans l’église, mais le prodige se renouvela dès le lendemain, et notre pieux châtelain, craignant de s’opposer à la volonté divine, jugea prudent d’informer l’évêque de Cambrai et d’agir selon sa décision.
Celui-ci, après avoir assemblé un synode pour examiner mûrement la question, se rendit luimème à Tongres le 17 février suivant, célébra les saints mystères à l’endroit du miracle et y adressa un discours au peuple. Puis, à la demande du comte, il consacra au Seigneur ce lieu qu’il s’était choisi lui-même, avec les biens qui y étaient attachés; il s'y forma ainsi un sanctuaire célèbre de la sainte Mère de Dieu. Dans la suite des temps, de nombreux miracles s’y produisirent; et un des premiers fut le rétablissement de la vue du comte Hector en 1090.
La madone de Tongres, après avoir échappé à bien des dangers à diverses époques de troubles, fut chaque fois rétablie dans ses anciennes prérogatives : aujourd’hui encore son culte subsiste et est très-florissant1.
TONGRES (Limbourg).
Comme nous l’avons ditdans la notice consacrée aux fondations de Saint-Materne, l’église Notre- Dame de Tongres paraît avoir été la première de celles qu’on éleva en Belgique, et en outre la première église consacrée à la sainte Vierge de ce côté des Alpes. L’auteur du Clironicon magnum Belgici rapporte cette tradition : « Ista dicitur prima ecclesia in honorem beatæ Mariæ consecrata ex ista parte Alpium... Fertur quod omnes ecclesias quas beatus Maternus in ilia diocœsi beatæ Mariæ consecravit, quamvis post aliter ab aliis denominatæ sint. »