‹ La Sainte ViergeChapitre 814 sur 1187 · CH. XI. — BELGIQUE. — TONGRES · texte numérisé non relu

CH. XI. — BELGIQUE. — TONGRES

Voici un souvenir du xii® siècle que nous trouvons dans les chroniques de Pertz (X, 360) : « Intérim cornes per silvam proximè stantem cum paucis suorum evadens, Tungros inopinatus invadit; et, incenso oppido, monasterium beatæ Mariæ gravi incendio absumit. »

Saint Materne ne paraît point avoir apporté à Tongres, comme il le fit à Valcourt, LefFe et Ciney, de statue de la sainte Vierge. Celle qui y est honorée actuellement remonte cependant à une haute antiquité et peut être attribuée au xne siècle; elle est célèbre parles miracles qui s’opèrent par sa vénération.

M. Eugène Gens, dans la Belgique monumentale. en donne la description suivante :

« C’est une statue de bois de noyer, de grandeur naturelle, vêtue toute l’année comme la plupart des vierges du pays, d'une robe disgracieuse qui dissimule complètement sa forme. Ayant un jour obtenu l’insigne faveur de pouvoir la contempler un instant dépouillée de tous ses ornements, nous découvrîmes à notre grande surprise une admirable figure, chef-d’œuvre de la statuaire du moyen âge. L’artiste pieux l’a vêtue d’une robe peinte en bleu avec des arabesques dorées et d’un manteau d’or doublé d’azur. Au lieu d’un sceptre il lui a mis en main une grappe de raisins qu’elle présente à l’enfant Jésus en souriant avec mélancolie, à la manière des madones italiennes. Au lieu de couronne, sa tête n’est ornée que d’une longue chevelure blonde relevée sur les tempes, et dont les flots soyeux et ondoyants descendent jusqu’au milieu du dos; une épée de chevalier suspendue à sa ceinture achève de la distinguer de toutes les autres statues de la Vierge que nous connaissions. »

Le dessin que nous avons gravé pi. CXXXV nous a été communiqué par M. le doyen, qui l’a déclaré conforme à l’original1.

Page 1