A. de Reume, Vierges miraculeuses de Belgique, p
Sur la statue de Notre-Dame de Tongres, nommée prima cis Alpes , on peut consulter une notice sur l'Église de Notre-Dame à Tongres, parM. Thys, dans les Annales de V Académie d’archéologie de Belgique , t. XXII, — 2e série,
Guiciardin nous apprend que l’église possédait des reliques de Marie : « Tongre a semblablement une belle et ancienne église dédiée à la vierge Marie, en laquelle se montrent plusieurs belles reliques de ladicte vierge. »
A une lieue de Tongres environ est situé un petit village appelé Genoels-Eldern, dans l’église duquel se trouvaient deux plaques d ivoire qui servent à orner le gradin de l’autel de la chapelle méridionale. Elles paraissent dater du xe ou au plus tard du xie siècle; l’une représente l’Annonciation et la Visitation, l’autre, le Christ soutenu par deux anges et foulant aux pieds l’aspic, le basilic, le lion et le dragon. M. Reinatz, doyen de Tongres, en a fait l’acquisition pour le trésor déjà si riche de son église. Nous l’avons dessiné au musée des objets sacrés à Malines en 1864.
Voici la description qu’en donne le savant archéologue anglais M. Weale, dans son Catalogue des objets d’art religieux, exposés à Malines à l’hôtel Liedekerke en septembre 1864 1 :
N° 38. — Diptyque en ivoire, le fond à jour. Deux sujets y sont représentés : i° En haut V (Annonciation. La sainte Vierge, assise sur un siège muni d'un long coussin et vêtue d’un orarium, tient un fuseau et une quenouille de la main gauche. A droite, l’archange qui porte un sceptre dans la main gauche; à gauche, un troisième personnage s’éloigne en retirant une draperie tendue à l’entrée de l’édicule, où la scène se passe et dont les colonnes sont reliées entre elles par des arcs en plein cintre; en haut, la légende : + vbi gabrihel venit ad mariam. (PL CXXXV.) — 20 En bas la Visitation. Au milieu, la sainte Vierge et sainte Elisabeth s’embrassent, l’édicule est à nombreuses arcades cintrées, garnies de draperies roulées autour des
t. II, Anvers, Buschmann, 18 66, p. 341. Ce travail a été tiré à part.
Pascal, Institution de l’Art chrétien, chap. vu.
On trouve cette statue mentionnée déjà en 1225, Wolters, Codex diplomaticus Lossensis, n° 188, p. 103.
1, Bruxelles, Lelong, 1864, in-8°.
SANCTUAIRES ET IMAGES
colonnes. A droite, on voit Zacharie revêtu d’un manteau agrafé sur la poitrine; à gauche, saint Joseph. Au-dessus, la légende : + vbi maria salutavit Elisabeth. La bordure est ornée d’entrelacs.
Les jeux de toutes les figures sont en verre bleu, les nimbes sont légèrement concaves ; les vêtements de la sainte Vierge, de l’archange et de sainte Élisabeth sont ornés de laticlaves. La sculpture a un caractère tout à fait carlovingien, tandis que les bordures rappellent, par leur dessin, le système d’ornementation usité chez les Anglo-Saxons au vme ou au commencement du ixe siècle. Chaque feuillet aom,30 sur om,i8.
Le riche trésor de Tongres possède aussi un reliquaire de la sainte croix en forme de triptyque du xe siècle. A l’intérieur on y remarque une Vierge placée vis-à-vis de saint Jean1.