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CH. XII
ANGLETERRE. — BARKING.
culte de Marie par ces vers d’un vieux poëte anglo-normand né en noo, quelques années après la mort de saint Anselme. N’est-il pas charmant d’entendre les louanges de Marie au xne siècle en Angleterre dans un langage déjà français?
Elle est roïne et mère au roi Et Diex ses Fiuz l’a avec soi.
Virge est el ciel, virge est en gloire;
De li doit ou faire mémoire Et li avoir ai grant fiance ;
Car bien sai et croi sans doutance
Qui l’amera et servira Et de bon cuer l’ennorera,
N’i faudra pas qu’il n’ait s’aie Ou a la mort, ou a la vie.
Et plus loin :
Elle est la mère as pechéors,
RedresÊemenz, voie et secors ;
Restoré nos et a rendu Ce que nos avions perdu;
Sainte Marie nos rendi Ce que Eve nos perdi 1.
Après ces données générales, qui pouvaient difficilement prendre place dans nos descriptions locales, nous passerons rapidement en revue les principaux pèlerinages d’Angleterre suivant l'ordre alphabétique, en nous arrêtant devant les autres souvenirs du culte de Marie qui pourront se présenter sur notre route. Nous n’oublierons pas notamment de donner un coup d’œil aux riches librairies, où les témoignages d'honneur pour la sainte Vierge se trouvent si répétés et oii nous conservons des monuments que les hérétiques n’ont pu atteindre aussi facilement que les images. Disons encore que l’Angleterre tout entière était consacrée à la Mère de Dieu, et que plusieurs de ses contrées, Hamstead, Lincoln, Salisbury, Winchester, avaient voulu une consécration spéciale.
ABINGDON ( Cambridge ).
En 675, Cyssa fonde une église en l’honneur de la sainte Vierge et un monastère pour douze moines bénédictins, lequel fut richement doté, car, dans le langage des vieux Saxons, ils aimaient à faire Dieu et la sainte Vierge leurs héritiers, « to make God and our Lady their heirs ». Tous ceux qui approuvaient la donation ou assistaient comme témoins tenaient à mettre la charte sur l’autel de la sainte Vierge pour voir leurs noms bénis par ce contact. Ainsi Lullan, un noble saxon qui avait reçu en présent de Brithric, roi de Wessey (784-800), le manoir d’Estun, voulut déposer la charte sur l’autel de Notre-Dame lorsqu’il lui en céda les droits L
Saint Édouard martyr et saint Dunstan ordonnèrent des pèlerinages populaires à Notre-Dame d’Abingdon 1.
On conserve encore au British Muséum un sceau de l’abbaye Sainte-Marie qui remonte au xi° siècle et qui porte l image de la sainte Vierge; elle tient une branche de lis de la main droite, de la gauche une petite pomme qu’elle semble offrir au Sauveur; elle porte l’Enfant sur ses genoux dans l'axe du groupe, suivant l’usage archaïque. Son costume est fort riche, sa couronne, sa dalmatique tout ornées de pierreries et de franges. L’exergue, très-mutilé, ne conserve plus que ces fragments : d... sigill... sanc... onit. La longueur égale om,oy 9. (PI. (CXXXVIIÏ).
BARKING.
Ce couvent fut fondé par Erconwald, évêque de Londres en l’honneur de Notre-Dame. La charte de fondation est datée de 677. On y voyait la chapelle de Notre-Dame-de-Salve ; appelée aussi la chapelle de Salve.
1, P. Bridgett, page 372.