The Month.} oct
CH. XII
ANGLETERRE. — CAVERSHAM.
qu’ils en avaient reçus. Quand son tour vint de se prononcer, il dit que sa dame était de la plus haute noblesse ; et comme on le pressait de montrer quelque signe de son amitié, il se rendit à l’église, se mit en prière devant l’autel de la sainte Vierge qui était véritablement la dame de son cœur, puis il revint joyeusement vers ses compagnons, leur montrant une petite boîte renfermant une chape rouge (en vue sans doute de son martyre) que sa dame lui avait donnée.
Les Anglais ont toujours eu une dévotion remarquable pour les joies de Marie bien plus que pour la mère de douleur. Ils l’appelaient Blissful Maiden. l’heureuse Vierge. En Angleterre, le terme de Notre-Dame-de-Pitié, si souvent employé au moyen âge , n’était pas entendu comme Notre-Dame-des-Douleurs , mais Notre-Dame-de-Miséricorde. Cinq cierges, symbole de ses cinq joies, brûlaient devant ses statues. Il est probable que cette préférence venait de la dévotion qu’avait saint Thomas de Cantorbéry lui-mème pour les joies de Marie. Voici une hymne latine qu’on attribue au saint martyr :
Gaude virgo, Mater Christi,
Quem per aurem concepisti Gabriele nuntio :
Gaude, quia Deo plena Peperisti sine poena f Cum pudoris lilio :
Gaude, quia Magi dona,
Tuo nato ferunt bona,
Quem tenes in gremio :
Gaude quia reperisti Tuum naturel, quem quæsisti In doctorum medio :
Gaude, quia tui nati Quem dolebas morte pati Fulget resurrectio :
Gaude, Christo ascendente Et in cœlum te tuente Cum sanctorum nubilo.
Gaude, quæ post Christum scandis,
Et est tibi honor grandis In cœli palatio.
La tradition rapporte que saint Thomas avait coutume de répéter très-souvent ces vers et que Notre-Dame lui apparut et lui révéla ses sept
joies célestes. Toutefois le nombre cinq prévalut, celles de la visite des mages et de Jésus dans le temple furent omises. Le nombre cinq correspond à celui des plaies de Notre-Seigneur.
Après son martyre, la grande verrière du transept occidental de la cathédrale de Cantorbéry fut remplie par une magnifique représentation des joies de Notre-Dame. On y voyait la figure de la sainte Trinité, les douze apôtres et sept peintures de la sainte Vierge. On remarquait dans ce nombre une Assomption, les anges enlevant leur reine au ciel, et le soleil, la lune et les étoiles sous ses pieds; sous chaque sujet on lisait une légende commençant par Gaude , Maria, par exemple Gaude, Maria, Sponsa Dei. Le vitrail tout entier semblait dédié à la sainte Vierge, car dans le bas on remarquait cette inscription : in laudem et honorem Beatissimce Mariœ Virginis, Matris Dei.
C ASTLEGATE.
M. de Hübner a publié une inscription qui nous révèle l’existence d’une église dédiée à la sainte Vierge près de Castlegate et qu’on croit de 756. ( Inscript . Brit., 175.)
CARLTON-COLVILLE (. Suffolk ).
On mentionne dans l’église Saint-Pierre une chapelle de la sainte Vierge et des lumières pour brûler devant son image l.
CA\ ERSH AM (Buckingliamshire).
La statue de la sainte Vierge se trouvait dans une chapelle attachée à leglise de Caversham,