NOTRE - DAME-DE- BAR K IN G
Il y avait à Londres et dans les faubourgs plusieurs sanctuaires dédiés à Notre-Dame. Sir William Dugdale, dans son histoire de la cathédrale de Saint-Paul, donne des détails relatifs à la dévotion qu’inspirait envers la sainte Vierge un des plus fameux sanctuaires de cette ville., l’église de cAll -Hallows , Barking qui existe encore à l’extrémité orientale de Thames-Street, près de la Tour. Elle était appelée Barking comme ayant dépendu du monastère bénédictin de sainte Ethelburge à Barking en Essex. Richard Cœur-de-Lion, en iicjo, avait construit une jolie chapelle de la sainte Vierge contiguë à l’église. Newcourt prétend que c’était du côté du nord, mais des cadastres du xv'' siècle disent le contraire. Le révérend J. Maskell assure qu’elle était tout à fait détachée et à cent yards au nord du chancel. La fondation du roi Richard fut confirmée et amplifiée par Edouard Ier. Edouard IV voulut la nommer chapelle du roi ou chanterie.
La célèbre statue y fut placée par Édouard Ier (xme siècle). L'histoire de cette image est rapportée dans un document qu,e l’on conserve dans les archives de l’évêque de Londres, elle a été publiée par Newcourt et mérite d’ètre rapportée : « A tous les fils de la sainte Église qui liront cette lettre, nous, Adrien, évêque des Tartares, parla miséricorde divine, légat de notre seigneur le pape, désirons l’éternel salut en Notre-Seigneur. Nous avons appris, par l’illustre roi d’Angleterre Édouard, fils du roi Henri, que la
chapelle dans le cimetière de l’église de Barking à Londres avait été merveilleusement fondée par l’ildustre Richard, autrefois* roi d’Angleterre, nous avons su que les Gallois avaient envahi l’Angleterre, malgré la résistance de Henry, dévasté et commis d’affreux ravages... »
« Le même Édouard, dans sa jeunesse, voyant une telle ruine et une telle honte, conçut une profonde tristesse de l’injure reçue par son père. Une nuit, après qu’il eut ardemment prié la mère de Dieu de lui apprendre, par une vision, la manière de venger l’Angleterre des Gallois, il aperçut, pendant son sommeil, une très-belle Vierge, ornée de toutes les fleurs des vertus. C’était la Vierge, mère de Dieu. « Édouard, lui dit-elle, pourquoi vous lamentez-vous ? Je viens pour vous aider. Allez dès demain chez un certain juif nommé Marlibrun, le plus habile sculpteur de l’univers, qui habite Billingsgate, à Londres. Demandez-lui de me représenter telle que vous me voyez en ce moment. Lorsqu’il aura fini, on placera cette statue dans la chapelle de Barking, près de la tour de Londres. Marlibrun, après cette œuvre, se tournera vers les choses du ciel, il se convertira avec sa femme à la foi catholique. Et vous, Édouard, témoin de ce miracle, faites vœu au Très-Haut de visiter cette image cinq fois chaque année, pendant toute votre vie et tout le temps que vous serez en Angleterre, pour l’honneur de la mère du Christ, et d’entretenir soigneusement sa chapelle. Lorsque vous aurez fait ce vœu, vous serez invincible, vous deviendrez roi d'Angleterre, conquérant du pays de Galles et même de l’Écosse. Sachez que tout roi d’Angleterre qui fera le même vœu et le tiendra fidèlement ne cessera de vaincre les Gallois et les Écossais. »
« A ces mots l’apparition disparut. Le prince, à son réveil, se rappela du songe avec admiration, il fit exactement ce qu’il lui avait révélé; il prononça solennellement le serment en présence d’une multitude de seigneurs anglais et il vit désormais s’accomplir les prophéties de sa vision... »
Suit un dispositif d’indulgences en faveur de la chapelle, sous la date du 20 mai 1291.
CH. XII
ANGLETERRE
LONDRES
Cette légende, quoiqu’elle 'sorte un peu du cadre de ces études par sa date, y rentre toutefois en s’appliquant à un sanctuaire „du xiie siècle.
Une nouvelle abbaye y fut fondée par Édouard III. Richard III reconstruisit le sanctuaire et y établit un collég’e de prêtres. La statue avait une physionomie si gracieuse qu’elle rappelait l’affabilité de Henri VIII dans sa jeunesse.
NEWENHAM CAMBRIDGESHIRE.
Cette belle église fut consacrée pendant son séjour en Angleterre en 1185, par Heraclius, patriarche de Jérusalem, qui mourut au siège d’Acre, en 1190. On lisait cette inscription audessus de la porte qui conduit au cloître 1 :
+ Anno ab incarnatione Domini MCLXXXV Dédiait a est hec ecclesia in honore Béate Marie a Domino Eraclio Dei gratin Sancte resurrectionis ecclesie Patriarcha IIII idus februarii qui eam annatim petentibus de iniunta sibi penitentia LX dies induisit.
NOTRE-DAME-DE-CLYPEO
Gumppenberg nous signale l'image de Notre- Dame-de-Clypeo, ainsi appelée parce qu’elle était peinte sur un bouclier; la légende la faisait remonter au Ve ou vie siècle2. (Voy. Gladstonbury.)