Paléographie al Society, pl
( Psautier du roi cAthelstan, 8g5-64i.) —
Ce petit volume est un des plus intéressants des manuscrits Cottoniens, d’abord parce qu’une partie remonte à l’année 703, et secondement parce qu’il paraît certain que ce codex appartint au roi Athelstan, comme une suscription de 1542 le rapporte. Il se compose de trois parties : 1° le calendrier, écrit en caractères anglo-saxons; 2° le psautier avec des préfaces en petite écriture ; 30 un recueil de prières écrites en caractères anglosaxons et qui forme la fin du volume. Il renferme 200 feuilles sur vélin de 5 pouces sur 3 pouces 3/4.
L’Ascension rapportée par M. Westwood app artient incontestablement à l’époque la plus
ancienne, comme on peut s’en convaincre par la similitude du style, de l’exécution et des couleurs, qui la rapproche du calendrier. Cette miniature, qui tranche si étonnamment avec le style primitif anglo-saxon, a une grande importance pour l’histoire de cet art. On y reconnaît déjà l’influence de l'Orient. Le Christ cependant, contrairement à l’usage romain, étend tous les doigts pour la bénédiction. Il est imberbe.
La sainte Vierge, placée au centre dans la partie inférieure, est vêtue d’une robe bleue et d’un manteau vert; on lit au-dessus de sa tête Maria et à côté des apôtres Viri Galilei. Cette miniature est très-grossière.
(Psautier, Harleian, n° 2904.) — Ce manuscrit, composé vers 1100, nous offre à la page 30
CH. XII
ANGLETERRE
LONDRES
une scène de Crucifiement où la douleur de la sainte Vierge est bien exprimée.
[Psautier, Cotton. Tiber, c. vi, vers noo.) — On y remarque, dit M. Waagen, la sainte Vierge avec des ailes comme dans l’Apocalypse, entre deux saints diacres, sans doute saint Étienne et saint Laurent. Cette peinture, simplement faite de teintes grise, bleue et rouge, n’est accusée que par de grossiers traits noirs1.
[Psautier, Harleian n° 603, xie siècle.) — M. Waagen croit voir encore ici la sainte Vierge dans une auréole qu’enlèvent quatre anges, mais c’est plutôt selon nous une image de la Trinité; le Père porte Jésus-Christ sur les genoux, tandis que le Saint-Esprit est représenté sous la forme d’un oiseau. Le Père, le Verbe et la Colombe concentrent leurs têtes dans le même nimbe.
[Psautier, Cotton, — Galba A. xvm,xie siècle .) — Nous remarquons dans ce manuscrit la scène de l’Ascension : le Christ enlevé dans une auréole glorieuse ; au-dessous, Marie avec les bras en orante, les douze apôtres et l’inscription Viri Galilei.
1. M. Wilson, à l’obligeance duquel nous devons de si beaux dessins et de si précieux renseignements sur le British Muséum', élève quelques doutes sur l’attribution de cette figure à la sainte Vierge ; voici la description qu’il nous en communique : «Onvoiten haut une figure majestueuse avec nimbe crucifère, tenant de la main gauche un livre ouvert et une croix, et de la droite une petite corne dont la pointe est retournée; de chaque côté, un ange sonnant de la trompette ; ces anges portent une tunique pourprée, un vêtement de dessus bleu, des ailes écarlates et lilas. La partie inférieure de la miniature est occupée par trois personnages, dont celui du milieu est une femme qui porte des ailes bleues et écarlates, une tunique bleue à longues manches, un vêtement de dessus liliacé.
« Les personnages de côté ont tous deux le même costume, longue tunique à manches serrées, couleur pourpre que l’influence du temps a probablement pâlie, ample chasuble de la forme ancienne, vert clair, relevée par les bras; au-dessous, longue étole blanche non croisée, dont l’extrémité atteint presque l’ourlet de la tunique. Ces deux acolytes et la figure centrale tiennent une longue légende ; des mains libres ils portent un livre fermé^ Les chevelures sont bleues. » (Voyez l’Apocalypse au ms. d’Herrat, PI. CXXXÎII.)
(Bible, Cotton. — Nero c. iv, première moitié du xiie siècle. ) — Ce manuscrit est extrêmement intéressant pour nous ; on y trouve l’Annonciation, la Nativité, la Présentation, où le peintre a su donner une physionomie solennelle à ses personnages et n’a pas oublié dans les arcades du temple le sentiment de la perspective ; à la page 20, la mort de la sainte |Vierge, que nous avons décrite à propos de lAssomption.
[Psautier, Cotton. — Titus d. xxvii. Xe siècle.) Ce petit manuscrit, moitié latin moitié saxon, appartenait autrefois au Hyde Monastery, qui se distingua par son école de peintres, et dont ces mots nous ont conservé le nom de l’un d’eux, » Obitus pictoris Walfrici. « Au verso de la page 14, on lit la date dcccclxxviii *; les derniers sujets, sans doute inachevés, sont restés au trait. Nous trouvons, à la page 6 5, un Crucifiement, enfin, au verso du feuillet 75, une miniature qui nous intéresse particulièrement et qui figure la sainte Vierge assise sur le trône même de la Trinité.
Voici la description qu’a bien voulu en faire pour nous M. Wilson : « Dans un médaillon, deux personnages d’un âge mûr s’entretiennent ensemble, ils ont l’un et l’autre un nimbe crucifère et des livres; à droite, la sainte Vierge porte sur sa couronne la colombe dont le nimbe est crucifère. Elle tient le Sauveur, qui a aussi le nimbe crucifère et tient un livre. En dehors du médaillon, sous les pieds de la figure centrale, un réprouvé enchaîné tombe dans la bouche de l’enfer. Des deux côtés de cette bouche sont oArrius et Judas. Cette miniature semble placée en tête d’une
1. Nous avons trouvé la description de ce manuscrit dans Dibdin : Bibliographical Decameron , Londres, 1817, in-8°. — Ce même auteur nous signale, dans la bibl. Stowe, un ms. intitulé Hydde abbey Book, au frontispice duquel on voit le Sauveur entre la sainte Vierge et saint Pierre, et au-dessous les figures du roi Knute et de la reine Elfige. — M. Wilson nous a dit que la copie de Dibdin, d’après laquelle nous avons fait notre gravure, était exacte; il y a seulement le crochet de Judas qui a été oublié. — Cette miniature a été publiée de nouveau en 1877. Paleographical Society , fac-similé of ancient manuscrits. — Pl. LX.
SANCTUAIRES ET IMAGES
partie distincte du livre qui contient des prières dont plusieurs à la sainte Vierge. »
Cette image de 978 est une des plus remarquables que nous puissions signaler (Pl. LVII), et elle nous offre un témoignage bien précieux de la vénération des vieux Anglais pour la mère de Dieu. Nous l’avions vue jusqu’ici dans une place glorieuse, Reine des hommes et des anges, assise même quelquefois sur le trône de son fis, mais la voici en plein Xe siècle introduite tout à coup dans les conseils du Très-Haut et tenant la place d’une des personnes de la sainte Trinité; pendant que la colombe repose sur son diadème, elle écoute l’entretien du Père avec le Verbe. Quelle hardiesse d’avoir introduit pour ainsi dire Marie dans la vie intime de Dieu ! et qu’auraient dit d’un pareil coup d'audace les prétendus réformateurs de l’Angleterre si, plus savants ou plus sincères, ils avaient connu ce manuscrit?
(. Mss., Cotton. Caligula, a. vii.) — L’harmonie des Évangiles, poëme anglo-saxon de j 1150 environ, nous fournit quelques miniatures intéressantes : — l’Annonciation, scène byzantine, représentée sous une arcade, la colombe plane au-dessus de Marie; — la Visitation, où les deux saintes s’embrassent avec tendresse; — la Nativité, la pose de la sainte Vierge, qui tient l’Enfant dans la crèche et le regarde, est caractéristique de l’école anglaise ; — la Présentation, — l’Adoration des mages, dont le plus âgé est seul agenouillé.
{Psautier, Mss. Lansdowne n° 383 .) — Ce manuscrit anglais porte la date de 1150; ses miniatures sont fines, mais elles exagèrent la longueur des figures; l’architecture y paraît encore empreinte du style antique que nous remarquons dans les manuscrits carlovingiens ; l’entente des couleurs est juste, les ombres généralement verdâtres. — Page 1 3 , Ascension. — Page 14, Pentecôte : la sainte Vierge est couronnée, elle élève les bras comme les orantes antiques. Sa couronneestàpansetsemblerait indiquer une époque plus reculée que la xne siècle. Le voile est jaune j
avec ombres rouges ; le manteau, vert, doublé de pourpre et agrémenté d'or; la robe, bleue. La madone est assise sous une coupole; la colombe divine descend sur elle et lance de son bec entr’ouvert des effluves d’or qui se répandent sur les apôtres. Quelques-uns des apôtres ont les chairs toutàfait vertes. — Page 15, l’arbre de Jessé, où la sainte Vierge tientle Sauveur, qui bénit. — Page 65, la sainte Vierge est figurée sur son trône, les bras étendus; dans sa main droite elle tient un globe d’or avec des fleurs ; l’enfant Jésus, sur ses genoux, est d’une taille trop allongée; il bénit et tient un livre; au-dessous on voit la figure d’une religieuse. (Pl. LVII.) J «a rVUA, pj- • AA |- le. S U4 «A- A «, ieo <Té/)-vf t Co f*. 1
[Psautier . Mss. Regia 1. d. x.) — Ce codex contient plusieurs scènes relatives à la sainte Vierge. Il date environ de 1160, ce qu’on peut déduire de l’absence dans le calendrier du nom de saint Thomas Becket, qui ne fut canonisé qu’en 1173. On y voit l'Annonciation, dans laquelle la colombe semble becqueter la tête de la sainte Vierge ; la Nativité, l’Adoration des mages, où la divinité de l'Enfant se révèle dans l'énergie de son geste de bénédiction. A la page 85, nous retrouvons encore la madone sous une physionomie tout à fait byzantine.
Manuscrits allemands. ( Missel de la cathédrale d'cAugsbourg, Harleian n° 2908.) — Ce missel, qui date du règne de Henri 11(1002-1024), appartient, selon M. Waagen, si versé dans l’étude des manuscrits, aux six premières années du xie siècle. On y voit une Nativité où, par une singulière infraction aux règles byzantines, saint Joseph est représenté debout, puis la Pentecôte et enfin l’Assomption, que nous avons décrite et qui fournit un des monuments les plus intéressants de notre collection.
(Évangéliaire Egerton n° 809.) — Ce manuscrit, qui provient de saint Maximin de Trêves et qui date de la première moitié du xie siècle, nous procure une Nativité, une Ascension et une Pentecôte.
CH. XII
ANGLETERRE
LONDRES
(Harleian, n° 2821.) — Cet évangéliaire, écrit en 1050, nous offre une Annonciation, une Nativité, un Crucifiement où le Sauveur porte encore le colobium, une Ascension dans laquelle la sainte Vierge, au centre, lève les bras en orante. Ces miniatures ont je ne sais quel parfum d’art antique.
Divers. — Parmi les trésors du British Muséum, nous citerons encore une gravure sur cristal de roche représentant le Crucifiement avec les deux fidèles compagnons du Sauveur souffrant. Cette gravure est attribuée par Waagen au x6 siècle.
Une boîte d’ivoire du Ve ou vie siècle représentant le Crucifiement avec la sainte Vierge, saint Jean et le centurion.
Une plaque d'ivoire du ixe siècle où la sainte Vierge figure dans les noces de Cana, sculpture pleine d’expression et de goût. On y voit deux jeunes gens remplir six urnes d’eau.
(218-65.) Bâton pastoral du xne siècle; hauteur quatre pouces trois quarts. On y voit sculptée la Nativité; au-dessus, la sainte Vierge allaitant son fils; la sainte Vierge et l’Enfant se retrouvent dans la volute.
(7650-61.) Un magnifique reliquaire décrit dans le rapport du docteur Bock1. Ce reliquaire a la forme d’une croix grecque avec une coupole. Sous cette coupole, douze niches renferment les statuettes des apôtres, de trois pouces et demi de haut. Dans les arcades des transepts, des niches plus grandes 'sont occupées par des statues debout, de cinq pouces de haut. Au bout de chaque transept est disposée une plaque d ivoire. Dans la première, la Nativité nous montre la sainte Vierge assise sur un riche trône, avec un dossier élevé; une longue écharpe lui descend de la tète comme un voile. Elle tient l’Enfant dans ses bras ; saint Joseph l’accompagne. Le second bas-relief rappelle l’adoration