‹ La Sainte ViergeChapitre 9 sur 1187 · CH. I. — ROME. — MUSEE DU VATICAN · texte numérisé non relu

CH. I. — ROME. — MUSEE DU VATICAN

ciale des caractères, c’est au moyen âge qu'il faut l’attribuer; mais si l’on s’arrête aux figures, on ne peut nier qu’elles n’aient un goût antique qui rappelle les peintures profanes et chrétiennes contemporaines des temps apostoliques. Montfaucon l’attribue à Cosmas, Egyptien qui florissait sous l'empereur Justin. C’est un volume carré de om,33.

Au folio 76, on voit représentés le Christ, la Vierge, saint Jean-Baptiste, Zacharie et Élisabeth debout, figures de om,22 à om,23, et en haut trois cercles renfermant les tètes de Siméon et d’Anne la prophétesse. La pose de Marie est à peu près celle que nous retrouverons dans les crucifiements du moyen âge; elle lève les bras pour prier et rejette par ce geste les plis ondulés de son manteau; les draperies sont belles et s’harmonisent parfaitement avec l'attitude générale qui respire la noblesse et la fierté 1.

M. S.. n° 39. On trouvera au milieu de la PI. CI

1. Nous donnons ici une description des peintures que nous avons le plus remarquées dans ce manuscrit : f° 33, le bon Pasteur, une brebis sur les épaules, entouré de quatre brebis qui le regardent comme dans les catacombes; — 36, Enoch; — 37, le Sacrifice d’Abraham, rappelé dans plusieurs scènes; — 38, Melchisédech ; — 60, Isaïe; — 61, David, dont le nom, suivant l’usage des miniaturistes, est écrit en abrégé DAD, et Salomon, puis six cercles ou zones dont les huit rayons sont occupés par une figure de femme; — 66, Elie enlevé au ciel sur un char d’or très-petit traîné par deux beaux chevaux rouges et laissant son manteau à Elisée; — 69, Jonas jeté à l’eau rappelant encore les catacombes: deux hommes nus sur un navire le précipitent et un monstre ouvre sa gueule pour le recevoir ; plusieurs pages ensuite sont consacrées à des prophètes ; — 72, Jésus-Christ entre deux séraphins ; — 73, Daniel entre deux lions, peinture magnifique; — puis d’autres pages nous offrent les Evangélistes; — 83, toute l’histoire de saint Paul : x° ébloui par les rayons du soleil ; 20 renversé ; 3° debout un livre à la main; cette figure, dont nous avons dessiné la tète, rappelle bien le type ordinaire du grand apôtre; 40 saint Paul et saint Ananias partant à la conquête spirituelle du monde ; — 89, le Christ dans une gloire ovoïde; — 96, un disque rouge dans lequel est tracée une belle tète lançant ses rayons sur la terre qui est au-dessous ; une particularité assez singulière a fait représenter les montagnes par de petites saillies droites, pour montrer probablement la manière dont elles sont diversement éclairées par le soleil suivant leur inclinaison; — 114, un roi reçoit les hommages

une madone sur un trône fort riche ; elle tient l'enfant Jésus et, ce que nous n’avions pas encore vu, elle lui présente une hostie au lieu de la pomme ordinaire.

Ivoire de ‘Rambona. (PI. XLVI.) — Un ivoire du xe siècle, au musée du Vatican, présente le Sauveur crucifié avec quatre clous, entre la sainte Vierge et saint Jean, qui n’ont rien de particulier; ce qui distingue surtout cette sculpture, c’est la ligure de la louve allaitant Rémus et Romulus au-dessous de la croix, qui montrent bien l’origine romaine de ce bas-relief : on y lit plusieurs inscriptions latines, au-dessous de la louve : Romulus et Remulus. a lupa nutriti; sur le bras droit de la croix, au-dessus de la Vierge, Millier en, au-dessus de saint Jean : Discipule ecce ; sur le titre de la croix : Rex Judœorum ; au-dessus de la croix entre deux figures représentant le soleil et la lune : Ego sum JHS Na p arenus . Enfin le haut de l’ivoire est occupé par un médaillon, portrait de Notre-Seigneur bénissant à la manière grecque.

(Pl. XCIX.) — Sur le revers de cet ivoire, la sainte Vierge, assise sur un trône, tenant l’enfant divin sur ses genoux, est accostée de deux séraphins aux six ailes. L’enfant tenant un livre est devant elle, au milieu, comme sur les médailles des empereurs grecs du ixe et du Xe siècle. L'inscription constate l’érection d’un monastère consacré aux saints Grégoire et Sylvestre par une nommée

d’Isaïe qui lui présente trois personnages exactement dans l’attitude et avec le costume des mages que l’on voit dans le manuscrit des œuvres de saint Grégoire de Nazianze, admirable produit de l’art grec conservé à la Bibliothèque nationale de Paris sous le n° 510. Comme dans ce manuscrit, les trois personnages sont coiffés d’une tiare qui n’est plus le bonnet phrygien des catacombes, mais qui affecte la forme d’un dé à coudre. Au-dessous, quatre personnages semblables aux trois de la ligne supérieure et le roi debout regardant avec étonnement un astre placé dans le haut, à gauche.

Outre un grand nombre de belles planches à figures, on voit une foule d’images qui ont trait au fond de l’ouvrage et donnent une idée de la science géographique de ce temps; entre autres un carré long représentant le vide, puis un carré inscrit, l’Océan, puis un autre carré, la terre, et au milieu la mer romaine, etc.

SANCTUAIRES ET IMAGES

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Ageltrude, Olderic étant abbé. Confessoris Dni scis Gregorius Sïlvestro Flaviani cenobio Rambona ClAgeltruda construxi quod ego Oldericus infimus Dni serbus et abbas sculpire mini sit in Domino. Amen 1.

Les inscriptions qui séparent ces images sont remplies de barbarismes ; celle sous la sainte Vierge veut dire : « A 1 honneur des confesseurs du Seigneur, les saints Grégoire, Sylvestre et Flavien, donné au monastère de Rambona, que moi Ageltrude ai édifié. »

L’impératrice Ageltrude est célèbre dans les monuments et dans l’histoire à la fin du ixe siècle. Le monastère de Rambona paraît avoir été fondé en 892. Le vrai nom du monastère devrait être Arabona, c’est-à-dire oAra bona.

Chacune des feuilles du diptyque a om,3o sur om,i4. (Buonarotti : vetri — diptyque d’ivoire p. 257.)

Peinture byzantine. — Une petite peinture byzantine de o'“,i3 sur om,i7 figure la madone et l’enfant : on n’en voit que les tètes, dont le caractère assez beau est tout byzantin. Le reste est couvert avec une plaque d’argent repoussée qui paraît dater du dernier siècle. Devant cet ouvrage grec, on est fort embarrassé pour fixer un âge. L’art byzantin, enveloppé dans d’immuables traditions, paraît avoir bravé les changements de temps dans une sorte d’immortalité pétrifiée.

VeLtoi-i.

Pierres gravées. — AHegranza ( Nummus œreus veterum christianorum )2 donne un type qui provient du musée Vettori et avait probablement fait partie du musée chrétien du Vatican où il ne se trouve plus. 11 est intéressant parce qu il reproduit un type qui se retrouve sur beaucoup de tableaux grecs, par exemple, celui de S. M. del Popolo. La sainte Vierge est à mi-corps, tenant l’enfant Jésus à sa gauche. On lit d’un côté : JSP fcfï et de l’autre : IC XC. La pierre sur laquelle cette madone est gravée est un

héliotrope, « espèce d’agate parsemée de points rougeâtres sur un fond vert obscur ». C’est un quartz rhumboïdal.

L’abbé Martigny a emprunté à Allegranza ( Num . œr.. p. 61) l’image d’une pierre gravée antique qui provient du musée Vettori, et que, comme tant d’autres trésors de ce genre, nous n’avons pas retrouvée au musée du Vatican. La sainte Vierge y est représentée dans l’attitude de la prière, les bras étendus, la tète nimbée et voilée. Contre sa poitrine, selon le type byzantin, est l’enfant Jésus avec le nimbe crucifère. L’un et l’autre sont placés dans une espèce d’urne qui de chacun de ses flancs , comme de deux sources, laisse échapper un ruisseau. Dans le champ sont gravés les sigles MP ©V, Mater Dei, et de plus le mot H nHITLycms. Ce dernier mot s’applique au Dieu enfant qui est la source où nous devons aller par Marie, selon les paroles d’Isaïe : Haurietis in gaudio de fontibus Salvatoris l.

Jaspe sculpté . (PI. CXL.) — Le musée chrétien possède un jaspe sanguin de om,045 dans sa plus grande dimension; nous l’avons dessiné au double de 1 original; c’est un bjou grec ; l’inscription, l’inclinaison de la tète amoureusement penchée vers l’enfant ont tout à fait le style byzantin. On a élevé des doutes sur son ancienneté; toutefois les pierres dures semblent moins se prêter que la pâte de verre aux falsifications modernes; et, de plus, le jaspe sanguin a été fort usité par les artistes lapidaires du moyen âge byzantin. Je ne serais pas éloigné d'attribuer cette madone au xiü siècle. Sa pose debout avec l’enfant Jésus dans les bras n’est pas une preuve contraire, comme on peut s’en convaincre devant les monnaies des empereurs d’Orient et divers ivoires.

Boîtes eucharistiques . (PI. CI.) — Nous voici devant un ravissant bijou en ivoire, monté avec des filigranes d’or. C’est une boîte à hosties,

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