‹ La Sainte ViergeChapitre 10 sur 1187 · CH. I. — ROME. — MUSEE DU VATICAN · texte numérisé non relu

CH. I. — ROME. — MUSEE DU VATICAN

comparable à une bonbonnière de on,,o73 de diamètre et om,o2 5 à sa plus grande épaisseur. Sur la face, le médaillon central de om, 032 de diamètre, présente le divin Crucifié fixé par quatre clous et accompagné de quatre personnages. Douze autres médaillons de om,oi2 de diamètre contiennent chacun une figure nimbée en buste.

Sur la face postérieure trois saints docteurs grecs dans un médaillon central entouré de quatre émeraudes. Des filigranes disposés en dessins très-fins servent d’encadrement et de monture. Si l’on ouvre la boîte, on trouve à l’envers du crucifix la sainte Vierge les bras étendus, et devant elle l’enfant Jésus bénissant à la manière grecque. Les douze têtes dans les petits médaillons qui l’entourent sont toutes nimbées; quelques-unes portent des couronnes royales. A l'opposé et à l’envers des trois saints, on voit au milieu trois anges assis à table devant l'eucharistie et environnés de douze tètes nimbées.

Ces deux derniers ivoires sont chargés d’inscriptions. J'aurais été tenté d’attribuer ce bijou au ixe siècle, mais M>r Barbier de Montault, si compétent dans la matière, n'ose pas le faire remonter au delà du xne. Quoi qu’il en soit, c’est presque un miracle de fini et de délicatesse; il est impossible d'imaginer plus d'art condensé autour d’un trésor que l’on veut honorer. L’art heureusement est ici supérieur à la matière, de sorte qu’il a pu échapper à la rapacité d’une aveugle postérité. La madone, les bras étendus, rappelle beaucoup les médailles impériales de Byzance.

Une boîte à eucharistie en bronze doré est disposée exactement comme la boîte en ivoire que nous venons de décrire, mais beaucoup moins belle. Elle se compose d’un cercle central où l’on voit la sainte Vierge en orante, et en avant l’enfant Jésus bénissant, et tout autour douze petits cercles comprenant des figures à micorps. On voit encore les charnières qui servent à unir les deux valves et l’anneau par lequel on le suspendait sur la poitrine.

Une autre boîte à eucharistie, beaucoup plus petite, se compose de deux plaques de om,045

de diamètre, ayant au centre le crucifix et trois saints sur le revers, mais aucune image de la Vierge.

Manuscrit 752. » — Un beau manuscrit grec très-curieux, contenant malheureusement fort peu de chose sur la sainte Vierge, compris sous le n° 752, forme deux gros volumes de o1", 33 sur o"1, 28, avec une pagination continue de 491 feuillets : il se compose de deux colonnes, l’une de texte en gros caractères, l’autre de notes en caractères plus fins, et paraît de la même époque que le missel 1156, mais d'une main moins habile.

A la première page on voit David entouré de musiciens jouant de toutes sortes d'instruments; une danseuse est en bas; au f° 7, il danse devant l’arche d’alliance; le f° 18 nous ramène à des scènes évangéliques : il est divisé en neuf compartiments où l’on voit la Purification, le Crucifiement, l’Ascension avec la sainte Vierge, la Pentecôte, l’Assomption dans laquelle Notre- Seigneur prend sa mère dans ses bras, et l’élève au ciel, etc. Les folios qui suivent représentent d’autres sujets évangéliques, puis des batailles, des prisonniers conduits la gangue au cou , trèssouvent Jésus-Christ assis, parlant à deux hommes debout; un enterrement de moines; Jésus-Christ dans le temple recevant David. Le f° 448 a une apparence profane, quoique les deux personnages qui le composent soient nimbés : ils sont assis l’un à côté de l’autre; l’un d’eux joue de la lyre ; Moïse dénoue les cordons de sa chaussure ; Jonas, coiffé de cheveux blancs, entre dans la gueule du monstre, qui ressemble à ceux des Catacombes; les enfants dans la fournaise; enfin, pour nous dédommager de cette longue course stérile pour nos études, une délicieuse miniature nous offre la sainte Vierge avec l’Enfant : elle est certainement d’une autre main que les peintures que nous venons de passer en revue, et d’une grâce impossible à rendre. (Pl. CXX.)

BIBLIOTHEQUE BARBERINA.

C Aquarelles. — On voit, à la bibliothèque

SANCTUAIRES ET IMAGES

du Vatican, trois manuscrits très -intéressants qui proviennent de la bibliothèque Barberina, ils sont de la même main, ou au moins de la même facture qu’une collection curieuse exécutée par ordre du cardinal Barberini et qu’il Ht placer dans sa bibliothèque. On dit que, soustraits à leur premier dépôt, on les trouva chez un revendeur; ils furent achetés pour le Vatican, après que le pape eut amplement dédommagé la famille Barberini. Les images du Vatican sont des copies malheureusement inexactes de peintures antiques , dont quelques-unes sont tirées des Catacombes et qui rappellent des originaux actuellement détruits.

Ces manuscrits sont catalogués sous les numéros 5407, 5408, 540p.

Le premier est un in-folio de o'",30 sur o,n,24, contenant 128 feuilles : la page 14 donne la Vierge du cimetière Priscille. Quelque inexacte qu’elle soit, elle peut servir à compléter ce qui manque de la fresque. La page 22 nous offre une sainte Vierge en orante avec l’inscription : Dei-parœ Virginis imago in basilica Laleranensi, quœ creditur ex illâ S. Lucœ extrada est autem in abside dictœ basilicœ opéré vermiculato seu musivo. On voit ensuite de charmantes aquarelles largement traitées, saint Jacques, saint Jude et la série des apôtres.

Les deux volumes sous les numéros 5408 et 5409 sont du même format; le premier contient les sujets suivants :

Page 1. Annonciation de Sainte-Marie-in- Transtévère.

Page 2. Nativité; on y lit : TABERN ME- RITORIA.

Page 3. Adoration des mages couronnés; saint Joseph est derrière la. sainte Vierge.

Page 4. Nativité de la sainte Vierge.

Page 5. Présentation au temple.

Page 7. Madone dans un cercle entre saint Paul et saint Pierre, qui met la main sur la tête d'un jeune homme à genoux.

Page 8. Assomption.

Page 34. La sainte Vierge assise sur un trône tenant l’enfant Jésus sur ses genoux entre saint Pierre et saint Jean.

Les autres peintures de ces manuscrits qui nous concernent, représentent Jérémie copié à Sainte- Marie in Transtévère; Isaïe; le Christ assis entre la sainte Vierge et saint Jean qui sont debout; la sainte Vierge assise avec l’enfant entre saint Chrisogone et saint Jacques; l’abside de Sainte-Marie-in-Transtévère; lafaçade deSainte- Marie-in-Transtévère avec la Madone et les vierges ; sur une abside le Christ dans sa gloire avec des anges et les animaux symboliques; la sainte Vierge, saint Paul, etc.; sur une autre abside, malheureusement sans indication, le Christ entre saint Pierre et saint Paul; au-dessous, douze agneaux, et au milieu le pape Innocent III.

Le manuscrit 5409 porte au f’ 37 : Notre- Seigneur en croix avec le colobium, le nimbe crucifère, les pieds séparés, entre la sainte Vierge et saint Jean, peinture du sanctuaire du pape saint Jules; au-dessous, la sainteVierge en buste avec l’enfant. Puis une foule d’autres sujets de l’Ancien et du Nouveau Testament.

La Madone au milieu de tous ces sujets est debout et tient l’enfant Jésus sur son bras gauche ; on lit aux deux côtés les sigles ordinaires1.

Parmi les ivoires si curieux conservés dans la librairie des Barberini, nous ne pouvons oublier une plaque dont les bas-reliefs sont tout à fait consacrés à Marie. Au milieu elle paraît debout, tenant l’enfant Jésus dans les bras et largement drapée (Pl. CI) : tout autour on voit disposés de petits sujets de sa vie, tels que la Nativité, l'Entrée au temple, l’Annonciation, l’Assomption, etc. Certains critiques ont voulu faire descendre cet ivoire au xm° siècle, mais nous le croyons infiniment plus ancien, et nous ne serions pas surpris qu'il appartînt au xe ou au XIe siècle.

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