YORK
(Pl. CXXXVII.) — On a découvert, il y a une cinquantaine d’années, dans la cathédrale d’York qui est fort ancienne et dont les premières nefs furent construites, dit-on, en osier,
i. Northcote, 277.
CH. XII. — ANGLETERRE. — YORK
un bas-relief intéressant gui représente la sainte Vierge et l’enfant Jésus. On l’a trouvé dans le chœur, sous un enduit. La tête de la Madone et tout le haut du corps de son divin Fils sont mutilés. M. Goldie, au talent et à l’obligeance duquel nous devons notre dessin, ne doute pas qu’on ne doive attribuer cette mutilation aux iconoclastes anglais. Le costume de la sainte Vierge est tout à fait archaïque et d’un style qui accuse nettement le xne siècle. Cette époque n’est pas moins affirmée par le caractère de l’inscription qu’on lit en haut :
SCÂ MA RÏA.
Marie est assise sur un tapis qui recouvre le coussin du trône et qui retombe aux pieds sur un autre coussin semblable, lequel sert d’escabeau. Ce bas-relief est sculpté dans une pierre calcaire très-dure. On remarque à droite deux trous qui rappellent l’existence d’anciens clous de bronze et peut-être l’emploi de ce bas-relief à d’autres usages qu’à celui de parement.
On voit aujourd’hui cette pierre dans la chapelle de la Sainte-Vierge; M. Goldie, si versé dans l’archéologie religieuse anglaise, nous a assuré que c était un des seuls monuments de la sainte Vierge au xn® siècle que les hérétiques aient oubliés dans les basiliques de l’Ile.
Ce même artiste a publié dans le Journal archéologique (1849, P* 1 89) une sculpture de l’église d'Hovingham, située dans les environs d’York. On y voit huit figures dans des niches, et, de ce nombre, celle de la sainte Vierge écoutant la salutation angélique.
(Pl. CXXXIX.) — Une autre image de la sainte Vierge, provenant d’York, nous est offerte par le sceau de fondation de l’abbaye de Sainte- Marie, dont le Britis-h Muséum possède une empreinte. Le dessin en est beaucoup plus grossier que celui du précédent bas-relief, et les personnages sont d’une lourdeur barbare. La sainte Vierge porte l’enfant Jésus sur le genou gauche
et, particularité que nous n’avons pas rencontrée ailleurs, au lieu de tenir simplement la pomme entre ses mains, elle la cueille de l’arbre du Salut. Une étoile, qui est le symbole de la divinité, est sculptée au-dessus du Sauveur. Ce sceau circulaire a oin,o6o.
C’est d’York que partit, vers le milieu du Xe siècle, un prêtre pour évangéliser la Suède.
Parmi les grandes abbayes bénédictines et cisterciennes, nous pouvons mentionner encore celles de Fontains 1, York, Rievaulx, Byland, Bolton, Joreval et beaucoup d’autres dédiées à Notre- Dame*.
Citons encore, en terminant, le souvenir des offrandes qu’Agnès Hilyard laissa aux images de Notre-Dame à Fisholine, Mollescroft, et de Catherine Hasting, à Notre-Dame de Doncaster, de Belcrosse, d’Himminburgh.
Cette liste est loin d’ètre complète ; elle peut, toutefois, donner idée de l’extension merveilleuse qu’avait obtenue le culte de Marie avant de tomber sous les coups des protestants.
Nous ne pensons pas, assurément, terminer ici la longue nomenclature des sanctuaires de la sainte Vierge que file des Saints produisit jadis avec une abondance extraordinaire ; mais ceux dont on vient de lire les noms et quelques mots de l’histoire suffiront à prou ver la folie des iconoclastes du xvie siècle, lesquels, non contents
1. M. le marquis de Ripou possède un sceau de l’abbaye des Fontaines avec l’image de la sainte Vierge portant l’enfant Jésus et cet exergue : -J- Curia B. Marin de Fontibus en caractères romans. — (. Archotl . journal , XXX,
2. Voici encore une indication fort [ancienne donnée par Bucelin ( Chronologia Benedictina-mariana) :
640. S. Wasnulphus ex episcopo Scotiæ S. Gisleni monachus, qui quam gratus Deiparæ esset ex eo patuit, cum a tanta Domina quasi exambitus, ad monasterium B. M. V. Condalense a spcctabih forma apparente Angelo deductus est, ibique gratanter susceptus, in eiusdem magnas matris cultæ et domicilio vitam exegit.
SANCTUAIRES ET IMAGES
d'abandonner la foi de leurs pères, en firent disparaître les vestiges qui auraient pu éveiller leurs remords. Ceux qui désireraient chercher de plus nombreux détails et connaître les innombrables richesses qu’avait la sainte Vierge en Angleterre, pourront consulter le remar¬
quable travail que publie M. Edmund Vaterton dans the Month, depuis le mois de septembre 1 874. Nous y avons fait beaucoup d’emprunts que nous aurions pu multiplier avec grand intérêt si notre cadre d’étude ne nous renfermait strictement dans le xne siècle.