HONGRIE
■Saint Étienne, roi de Hongrie (997-1038) (autrefois la Pannonie), porta, le premier, le titre de roi qui lui fut concédé par le souverain pontife. Voulant établir le royaume de Jésus- Christ dans le cœur de ses sujets à peine sortis de l’idolâtrie, il consacra la Hongrie à la sainte Vierge, comme Louis XIII le fit plus tard pour
1. 1062. — Fondation du monastère « civitatis Arbianæ », dédié ù la sainte Vierge.
1066. — Ego Cresimir, rex Croatiæ et Dalmatiæ filius Stephani regis, concessione Laurentii spalatensis archiepiscopi... do regiam libertatem monasterio Mariæ Iadrensis quod soror mea Cicha fabricavit. ( Script . rerum Hungaricarum Dalmat.} t. III.)
1071. — Ego Cresimir, rex Croatiæ et Dalmatiæ ob remedium animæ meæ et præcessorum meorum monasterio sanctæ Marias monialium rogatu sororis meæ, quod noviter factum est Jadere, Ciche dono terram in Tochenia quæ Regalis esse dignoscitur. (Td.)
* 1102. — Ego Colomamis, Dei gratiâ rex Ungariæ, Croatiæ atque Dalmatiæ, salvo habito consilio, postquam coronatus fui Belgradi supra mare in urbe regia, rogatu subscriptorum meorum comitum,pro charitate Dei et remedio animæ meæ, dono perpetuam pacem et regiam libertatem monasterio sanctæ Mariæ monialium, quod situm est in ladera.
1052. — Sed cum reperiatur privilegium Cresimiri concessum ecclesiæ monialium sanctæ Mariæ de Iadrà, titulo regis Croatorum et Dalmatinorum, anno MLII.
110J. — ladrensem deditionem quamvis paulo ante Colomani mortem secutam Dandulus ponere videatur, tamen multo prius evenisse constat; ex inscriptione turris Campanariæ ecclesiæ sanctæ Mariæ monialium Iadræ, adhuc integra existente (1768) quæ talis est :
ANNO INCAR. DNI NRI 1HV XPI MIL. CV POST V1CTORIAM ET PACIS PRAEMIA IADERAE INTROITUS A DEO CONCESSA PROPRIO SVMPTV HANC TVRR1M SCAE MARIÆ VNGARIÆ DALMACIÆ CHROATIÆf CONSTRVI ET ERIGI IVSS1T REX COLOMAN VS
Script, rerum Hungaric, III, 184.
SANCTUAIRES ET IMAGES
la France. Comme monument de ce religieux engagement il fit bâtir en son honneur une magnifique église dans la ville d’Albe, qui était la capitale. En même temps il envoya des missionnaires dans toxites les parties de son royaume, et la dévotion de ces peuples envers la trèssainte Vierge devint telle, qu’aussitôt qu’ils entendaient prononcer le nom de Jésus ou de Marie, ils s’inclinaient profondément 1.
Lorsqu’il vit la Hongrie menacée par l’empereur Conrad qui se disposait à l’envahir avec une puissante armée, il pria dévotement la sainte Vierge et se mit en campagne avec tous les hommes qu’il put réunir. Mais avant d’avoir joint l'ennemi, il apprit que les troupes impériales se retiraient de la Hongrie. Il reconnut aussitôt que la reine du ciel avait détourné cet srage. Il mourut, comme il l’avait désiré, le jour de l’Assomption, après avoir consacré de nouveau son royaume à la sainte Vierge.
A l’origine de la foi dans ce pays, nous trouvons aussi saint Gérard, l’apôtre des Hongrois et des Moraves. Sa confiance en la sainte Vierge était telle qu’il la voyait toujours exaucer ses prières; il voulut aussi que chaque samedi fût célébré, en l’honneur de la mère de Dieu, avec autant de pompe que l’Assomption.
Voici deux légendes qui se rattachent à des madones de ce pays et que rapporte Gumppenberg (XII, 495).
La première est relative à la madone royale. Un prince de Hongrie très-dévot à Marie avait fait vœu de virginité dans une maladie. Devenu roi il voulut se marier pour obtenir un héritier, mais la Vierge lui apparut au moment de son mariage, lui rappela son vœu ; aussitôt il se retira dans un monastère.
La seconde au Xe siècle nous rappelle la
1. Après avoir vaincu et fait prisonnier le prince de Transylvanie, il le renvoya en liberté à la seule condition qu’il laisserait prêcher l’Évangile dans ses États : ce fut â la suite de cet événement qu’il éleva le sanctuaire à Marie dans sa capitale.
Madone- du-C erf ç. t le souvenir suivant : Geysa, roi de Hongrie, en lutte avec ses voisins, promit d'élever un temple à la sainte Vierge s’il était vainqueur. Après la victoire il ne savait où le bâtir. Un jour avec son frère, il aperçoit un cerf dont la tête lumineuse les regarde et qui se précipite dans le Danube. Le prince considéra cette merveille comme une désignation céleste et érigea en cet endroit un temple somptueux.
CRANAD.
En 1040, saint Gérard, évêque de Cranad, éleva un temple à saint Georges, martyr; il plaça dans ce temple une chapelle et une statue en l’honneur de la mère de Dieu. Devant l’autel se trouvait un encensoir en argent que deux vieillards étaient chargés à tour de rôle d’entretenir sans cesse. Le culte de la Vierge alla toujours grandissant et une foule de miracles récompensa les habitants de leur confiance1.
FUNFK1RCHEN.
On voit dans la crypte de Fünfkirchen une fresque en grande partie détruite, représentant l’adoration des mages. La sainte Vierge avec l’enfant devaient se trouver dans un compartiment central dont il ne reste plus rien2. Les vestiges des deux mages subsistent seulement maintenant.