MUNICH
On montre dans la riche chapelle } à Munich, une plaque émaillée et dorée qui ne doit pas être comme date inférieure au ixe siècle. La peinture qui recouvre cette plaque représente un crucifiement. Le Sauveur porte une jupe, il pose ses pieds sur une tablette et de son côté entr ouvert il laisse jaillir un flot de sang qui retombe dans un calice. La sainte Vierge est debout et contemple ce mystère ; elle lève la main droite vers son fils et essuie des pleurs de la main gauche. Son nimbe est vert, ourlé d’un cercle rouge avec pois blancs, son manteau bleu avec franges d’or, la tunique blanche, ses souliers rouges. Tout le fond du tableau est d’or.
Notre-Dame oAuxiliatrice ■. Lorsque la ville
x. Voir Sch'xpflinus. Alsatia ill user ata } Colmar, 1751, in-folio, pl. 1.
! de Vienne était assiégée par les Turcs, on fit dans toute l’Allemagne des prières pour le succès des armées chrétiennes. Munich eut recours à la sainte Vierge qu’on y vénérait déjà sous le nom d’Auxiliatrice. Le siège de Vienne ayant été levé par les infidèles en 1683, toute la ville y reconnut la protection puissante de Marie et Maximilien, électeur de Bavière, obtint du pape 1 Innocent XI l’érection d’une confrérie destinée à l’honorer. Cette association fit en très-peu de temps d’immenses progrès dans toutes les parties du monde 1.
Bibliothèque. — La bibliothèque est aujourd’hui le plus riche dépôt iconographique de la Bavière ; nous y avons vu une couverture de livre dont le centre est occupé par une petite plaque d’ivoire, sur laquelle est sculptée la mort de la sainte Vierge , une adoration des mages du ixe siècle, une autre du xi° siècle, une Ascension où la madone fait le centre du tableau entre saint Pierre et saint Paul.
Cette bibliothèque possède aussi un manuscrit qui provient du couvent de femmes de Niedermunster à Ratisbonne et qui nous offre de belles miniatures d’une excellente conservation.
(Pl. CXLVI.) — Au second feuillet un petit médaillon circulaire renferme la madone avec l’Enfant sur ses genoux. Elle est couronnée et nimbée, elle baisse ses regards à droite en faisant un geste de pitié, que lui inspire sans doute la vue de nos misères. Le Sauveur regarde dans la même direction et bénit de la main droite , tandis qu’il tient un livre de la main gauche. L'abbesse du monastère s’est fait peindre au pied du trône et un livre à la main pour rappeler qu’elle fut donatrice du manuscrit 2
Dans le crucifiement, à la place de Marie est une figure allégorique de la vie, mais il est probable que l’auteur voulait représenter la sainte Vierge, attachant une pensée de louange à cette substitution.