De Sivry et Champagnac, I
CH. XIII. — ALLEMAGNE. — HANOVRE. 483
construction, de dédier lui-même l’église ainsi que le monastère voisin, consacré aussi à Marie (novembre 872) il fut assisté dans cette cérémonie par les évêques de Brême, de Paderborn, etc.
Cette piété envers la très-sainte Vierge et le dévouement pour son sanctuaire devinrent traditionnels parmi ses successeurs; l’évêque Eggehard, en l’an 1000, disait: « Je ne me regarde pas comme évêque, mais comme le serviteur de Marie, et je m’efforcerai par tous les moyens en mon pouvoir d’être utile à ce saint lieu. »
Quelques années plus tard, un incendie ayant détruit le maître-autel, saint Bernward s’appliqua à le restaurer, ou plutôt il le refît avec magnificence en l’ornant d’or, d’argent et de pierreries et en le dotant d'ornements splendides 1.
Madone. (PI. CXLI1I.) — La statue qu’on vénère dans la cathédrale est en bois de chêne et a 55 centimètres de hauteur; elle est placée sous un dais en argent. Elle fut maladroitement dorée, il y a trente ans, par un chanoine du Dôme qui croyait faire merveille en effaçant son cachet d’antiquité. Heureusement le travail légèrement exécuté n’a rien enlevé à la statue elle-même. Le siège sur lequel la statue est assise n’a ni bras ni dossier. La sainte Vierge tient un fruit de la main droite et l’enfant Jésus, sur ses genoux, tient également un fruit dans sa main gauche et cherche gracieusement de la droite le sein de sa divine mère.
A son pied on lit une inscription en lettres d’or sur une bordure noire : Consolatrix afjlictorum.
Il paraît qu’ autrefois on y lisait encore : Tôt tibi sunt laudes Virgo quoi sidéra cœlo.
D’après la tradition cette statue remonterait au temps de la fondation du Dôme.
La physionomie des deux figures respire la douceur, la bonté et une sorte de sérénité joyeuse. Les plis sont simples, amples et bien compris. Je dois dire que certains critiques élèvent des doutes sur l’origine carlovingienne de cette madone et que notamment la forme, la moulure du trône, les conduisent à penser que nous
sommes en face d’une copie de l’image primitive exécutée au xne ou xnr siècle.
Trésor. — Durant des siècles on a fait toujours beaucoup de dons à la Vierge miraculeuse et on conservait dans le trésor de l’église deux couronnes en or garnies de diamants et une en argent garnie de huit pierres ; une croix et une boule en argent doré représentant la terre pour l’enfant Jésus, couverte de brillants, de rubis et d’émeraudes. Ces richesses ont été dispersées le 15 décembre, en 1810, lors de la sécularisation des couvents.
Une association s’est formée pour entretenir cette image. Les uns donnent de l’argent et les autres des habits d’or et d’argent.
Deux autres images de la sainte Vierge sont conservées dans le trésor ; la plus grande, du Xe siècle, est toujours portée en procession et recouverte de plaques d’or. La sainte Vierge est assise sur un siège de bois de rosier.
La seconde, du xie siècle, est aussi recouverte d’or et de pierreries et n’est exposée à la vénération des fidèles qu’aux grandes fêtes.
Dans le trésor de la cathédrale d’Hildelsheim on montre un reliquaire sur lequel on a reproduit le crucifiement et que l’on considère comme un présent de Louis le Débonnaire à cette église.
On montre aussi dans ce riche trésor une couverture d’évangéliaire au centre duquel est un bas-relief d’ivoire représentant le Christ entre la sainte Vierge et saint Jean. Les figures sont longues, les vêtements à plis serrés. L’intérêt principal qui s’attache à cet objet est le souvenir du saint évêque Bernward qui le fît fabriquer, et de sa dévotion à la Mère de Dieu. En effet sur l’autre plat de la couverture qui est en argent, au-dessous de la figure de la sainte Vierge on a gravé cette inscription :
Hoc opus eximium Bernwardi prœsulis arte Factum cerne Deus Mater et aima tua.
« Cet excellent travail fait par l’art de l’évêque Bernwhard, regarde-le, ô Dieu, toi et ta sainte Mère. »