‹ La Sainte Vierge: [Maria Virgo]. 7:e édChapitre 109 sur 110 · Aux Hébreux, vu, a · texte numérisé non relu

Aux Hébreux, vu, a

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nous rattachent à Dieu, à la Sainte Vierge et aux saints. Et la façon spéciale dont TËglise honore et prie la mère de Dien, exprime précisément sa dignité suréminente, et répond au rang qu'elle occupe audessus des anges et des saints. A Dieu seul, le culte de « latrie » ou d'adoration proprement dite, car il est le seul créateur et le seul Tout-puissant. Aux anges et aux saints, le culte de « dulie », car ils sont des princes de la cour céleste, et nous nous reconnaissons leurs serviteurs et leurs clients. A Marie, et à elle seule, le culte « d'hyperdulie », c'est-à-dire un culte supérieur à celui des autres saints et des anges, et cela en raison de sa maternité divine, qui lui donne une affinité particulière avec Dieu. A elle donc des honneurs plus grands; à elle, une plus entière et plus absolue confiance ; vers elle monteront des prières plus fréquentes et plus sûres d^ètre exaucées. Et Tune des caractéristiques de ce culte réservé à Marie, c'est qu'on l'honore et l'invoque, au moins par quelque mémoire ou quelque mention, non à certains jours seulement ou dans certaines circonstances, mais toujours et dans toutes les parties de l'office divin. L'Église tient les yeux toujours levés vers elle, reconnaissant par là son pouvoir sans limites et son universelle médiation.

Dans la doctrine et la prédication des pasteurs, dans l'enseignement des maîtres chrétiens, dans les familles pénétrées de l'esprit de la foi, les fidèles puisent la véritable idée de Marié, et les sentiments qu'ib doivent avoir envers elle. Elle est la mère de Dieu, la reine du monde, la toute sainte, et, à ces titres, elle est digne de tous les respects et de tous les honneurs. Elle est le modèle de toutes les vertus, et son exemple invite plus spécialement à la

pureté sans tache, à Thumilité, à la charité envers Dieu et envers les hommes. Elle est la mère, mère de Jésus que l'enfant apprend à connaître en le voyant représenté entre ses bras; mère des frères de Jésus, par cette maternité supérieure à la terre, devant laquelle toute mère chrétienne s'incline et dit à ses fils de s'incliner. Mère de Jésus et notre mère, elle est digne du plus filial amour. Compatissante aux misères de ses enfants de la terre, et puissante sur le cœur de son Fils du ciel, elle mérite et elle inspire une confiance qui, au témoignage de tous les siècles, n*a jamais été trompée. Le mot si beau « la toute -puissance suppliante » a-t-il été dit d'abord de Marie ou de la prière? Il ne se vérifie jamais de Tune sans quelque relation avec l'autre, et la langue chrétienne peut également l'appliquer à toutes deux.

Depuis bientôt dix-neuf siècles, la reine du ciel n^a cessé de répondre aux hommages de la terre par sa protection et ses bienfaits. Instruite par une longue expérience, l'Église la nomme sa défense et son secours. Car Marie l'a protégée contre ses ennemis du dehors. L'on se souvient des grandes journées dans lesquelles elle donna la victoire aux armes chrétiennes, ou, après une dure tempête, rendit à Rome la paix et le pontife-roi. Marie a défendu l'Église contre les ennemis de la foi ; elle triomphe des hérésies, et parce que la vraie doctrine sur sa personne et son rôle établit la vraie doctrine sur Jésus-Christ et sa mission, et parce qu'elle met aux mains des fidèles les armes spirituelles par lesquelles on vainc Terreur. Mais surtout, elle aide l'Église à faire son œuvre propre, qui est de sauver et de sanctifier les âmes* Bien des fois, sa bienfaisante intervention

g'est montrée, pour susciter des docteurs qui euseignent la vérité, des prédicateurs qui Fannoncent aux foules, des apôtres qui la portent à des peuples nouveaux. Les pasteurs des âmes, soit en terre chrétienne, soit dans les lointaines missions, pnt vu leurs travaux bénis, lorsqu'ils ont imploré son secours pour raviver la foi dans leurs peuples, ou pour amener les âmes encore barbares à la connaissance de Jésus. Point d'ordre religieux qui ne célèbre la part qu'elle a prise à sa fondation, et les soins dont elle l'a toujours entouré. Et, pour entretenir la ferveur dans tous les rangs des fidèles, qui ne connaît les dévotions qu'elle-même a parfois suggérées par ses apparitions, toujours encouragées par ses constantes faveurs ?

Mère de chacun des hommes, elle leur est toujours secourable, et ne refuse point de les assister dans leurs nécessités temporelles, gagnant leurs cœurs par sa bonté, afin de les donner à Dieu. Elle aime a être nommée la « mère de miséricorde » ; elle est l'avocate des « pauvres pécheurs », c*est-àdire de ceux qui sentent leur misère et voudraient se relever; à ceux-là elle, la toute sainte, ne refuse jamais de tendre la main. Aux chrétiens qui fidèlement l'honorent et la prient, elle obtient la vie innocente, la persévérance, le ciel. Pour ceux qui, chaque jour, se tournent plus filialement vers elle, qui se donnent à elle davantage et livrent leur âme à son action, elle a ses faveurs de choix : une pureté plus semblable à la sienne, la vocation à la sainteté, la connaissance familière et l'intime amour de Jésus.

Ici-bas, nous menons une vie de foi : croyant des mystères ;qui, sans la contredire, dépassent notre

raison, espérant un bonheur dont nous nVyons au-^ cune expérience, aimant un Dieu que nous n^avons pas vu. Toutes ces grandes réalités du monde surnaturel, nous en vivons par Tesprit, sans que rien de sensible nous révèle leur existence, et nous mette avec elles en contact. C*est la loi ordinaire. Et pourtant, exceptionnellement, de temps à autre, le voile devient comme transparent. C'est un miracle, qui nous fait comme toucher du doigt une intervention d'en haut, c'est une joie de Tâme qui lui rend sensible l'opération d'un agent supérieur, c'est parfiiis l'apparition d'un personnage céleste. Ces exceptions, Notre-Dame aime à les faire. Notre temps est, moins qu'un autre, en droit de nier ses apparitions et ses miracles. Heureux les privilégiés, qui ont par eux-mêmes éprouvé sa présence et ses bienfaits! Mais n'est-ce pas à tous que Marie veut faire entendre qu'elle est mère, qu'elle vit au ciel, et qu'elle pense à ses enfants?

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