‹ La Sainte Vierge: [Maria Virgo]. 7:e édChapitre 12 sur 110 · LA PROMESSE DE L'ÉDEN · texte numérisé non relu

LA PROMESSE DE L'ÉDEN

volontés s*orîentant en sens contraires. Les uns, refusant orgueilleusement leur hommage, se séparaient pour toujours de Dieu et de son Christ. Les autres, et c'était le plus grand nombre, se tournaient vers Dieu et vers son médiateur dans Thumble soumission de leur foi et de leur amour; obéissant au Créateur, ils acquéraient pouvoir sur la créature rebelle; ils refoulaient les révoltés dans Tabime de feu que le premier péché venait d'ouvrir; la lumière chassait les ténèbres ; la face de Dieu se dévoilait, et les anges de paix entraient dans rétemelle contemplation et Tétemel amour.

Les anges déchus étaient devenus les ennemis de Dieu et de ses œuvres, en particulier de la nature humaine. L'homme et la femme étaient, comme ils Tavaient été eux-mêmes, ornés de la grâce sanctifiante, et, pour mériter l'élévation à la gloire, placés, comme eux naguère, dans un état d'épreuve. L'un d'eux, et peut-être leur chef, s'approcha d'Hève et la tenta. Volontairement trompée, elle prit le fruit où, dans un vertige d'orgueil, elle cherchait la ressemblance divine; Adam, de qui dépendait le sort de l'humanité tout entière, reçut de sa compagne ce fruit défendu, et, comme elle, il en mangea. Le premier couple humain était vaincu ; il perdait, pour lui et pour ses descendants, tous les privilèges dont Dieu l'avait libéralement orné; la nature humaine était déchue et détournée de sa fin.

Déjà, avec le péché, le trouble avait envahi l'âme des deux coupables. Quand revint l'ange revêtu d'une forme sensible qui conversait avec eux et leur parlait au nom du Seigneur, Adam et Hève se cachèrent dans les bois de l'Eden. Rappelés par la

voix divine, ils entendirent T arrêt de leur déchéance : au tentateur, la première malédiction; à la femme, la sujétion à Thomme et les enfantements douloureux; à rhomme, le rude labeur sur une terre désormais maudite, ju&qu'au jour où il retournera en poussière. Mais^ dans la sentence même, Dieu insérait la parole consolatrice; et quelques mots, transmis par la plus ancienne tradition du monde et recueillis dans le récit de la Genèse, contiennent, comme en un germe merveilleusement fécond, toute Tespérance du genre humain; Thistoire de la Rédemption et Thistoire même du monde seront le développement de cette première et mystérieuse prophétie. S^adressant au serpent, dont le démon avait fait son instrument, et par là au démon luimême. Dieu dit :

Je mettrai l'inimitié entre toi et la femine, Et entre ta race et la sienne ; Sa race t'écrasera la tête, Et tu l'attaqueras ait talon ^.

Si Toracle s'adresse immédiatement à celle qui jusqu'ici a été appelée « la femme », et qui était € la femme » dans cette scène de miséricorde et de

I. Genèse, m, i5« — La traduction donnée ici, d'après rhëbreu et les Yersions anciennes, est celle qui, probablement, répond le mieux au texte primitif de la prophétie. Le texte et la disposition symétrique et poétique des mots seraient à étudier beaucoup plus attentivement qu'on ne peut le faire ici. De cette étude attentive (remarquer au moins ce détail : Au premier et au second membres, le serpent est opposé à la femme, la race de la femme à la race du serpent, et cependant, au troisième, ce n*est pas la femme, mais sa race, qui écrase la tête du serpent : preuve que la femme et la race de la femme combattaient ensemble)^ il ressort que la femme

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