I. Judith, xT
ik LA SAINTE VIERGE.
tare, et la préfigurent à leur manière. Elle est dans le ciel Tare splendide, étendu par la main du Très Haut, qui fait ressouvenir Dieu de sa miséricordieuse alliance avec toute chair. -^ Elle est la mystérieuse échelle montrée à Jacob, dont les degrés unissent la terre au ciel; son sommet s'élève jusqu'à Dieu, qui promet des bénédictions à toutes les tribus de la terre ; par elle montent les anges, portant nos hommages et nos prières; par elle ils redescendent, chargés des grâces et des dons du Verbe incamé. — Elle est la grande vision de THoreb, le buisson ardent, où Dieu se manifesta à Moïse pour la délivrance d'Israël : car, c dans ce buisson que les flammes ne consumaient point, nous reconnaissons votre virginité merveilleusement conservée, 6 mère de Dieu^ ! » — Elle est cette toison, en laquelle 6édéon demanda au Seigneur deux signes du succès de sa mission : la première nuit, au milieu de Taire desséchée, la rosée imprégna la toison; la seconde nuit, Taire fut couverte de rosée, autour de la toison demeurée sèche. Ainsi, au milieu de la terre aride, Marie reçoit seule la rosée du ciel ; ainsi, dans Tuniverselle corruption, elle seule demeure immaculée*. — Elle est, après les longues années de sécheresse, cette nuée, petite comme la trace d'un pas, que le serviteur d'Élie vit, du sommet du Carmel, s'élevant au-dessus de la mer : « Va, répondit le prophète,
I. 0£Qce de la Circoncision et de la vigile de i'£piphanie, troisième antienne des Laudes*
a. Dum torret arescens hiunus,
Tu rore sola spargeris ; Tellure circum rorida, Intacta sola permanes.
Office de N.-D. de Lourdes, hjrmne des Laudes^
dis à Achab : Attelle, descends à la ville, et que la ploie ne te surprenne M » Ainsi la première apparition de Marie rend au monde Tespérance et la joie : les cieux ne sont plus d'airain, et la grâce qu'ils répandent va rendre à la terre sa fécondité. — Elle est eniSn, la Vierge Marie, la porte orientale du Temple que contemplait Ézéchiel dans sa vision de la cité reconstruite. Elle ne s'est ouverte qu'au Seigneur, quand sa gloire se manifesta dans le Temple, et qu'il y fit son entrée par la voie de l'orient. Depuis lors, « cette porte sera fermée ; elle ne sera pas ouverte, et nul homme ne passera par elle, parce que par elle est passé Jahveh, le Dieu d'IsraëP ». Belle image de celle ps^ qui le Verbe a fait son entrée dans le monde, et dont la divine visite a pour jamais consacré la pureté ineffable.
La raison pour laquelle la porte de l'orient demeure réservée à Dieu s'applique, et à plus forte raison, à la perpétuelle virginité de Marie; aussi beaucoup ont-ils trouvé dans le texte ce dogme insinué par voie de conséquence. Pour l'arche et le Tabernacle, rappelés précédemment, FEsprit-Saint parait, d'après un mot de l'Evangile, avoir voulu en faire un symbole de Marie. Quant aux autres figures, une longue et très délicate étude pourrait seule distinguer dans quels cas le symbolisme fait partie du sens typique, inspiré par Dieu même, et dans quels cas il est 1 œuvre de l'esprit humain s'exerçant à remarquer, dans les récits et les tableaux de l'Écriture, des analogies avec la vie et les vertus de Notre- Dame. Au reste, même dans ce second cas, l'intelli-