‹ La Sainte Vierge: [Maria Virgo]. 7:e édChapitre 20 sur 110 · Cantique, vi, 9 (bëb. ; vulg. ti · texte numérisé non relu

Cantique, vi, 9 (bëb. ; vulg. ti

20 LA SAINTE YIERQE.

de biens, et, en s'unissant à lui, Tunit à Dieu. Et rien ne saurait mieux répondre à Fidée même du Verbe fait chair. Aussi, dans les passages où les traits, concrets et précis, sont ceux d'une personne, plutôt qu'une description de la sagesse abstraite, c'est lui, sans aucun doute, que nous devons reconnaître. Mais Marie ressemble tant à Jésus ! S'il est difficile d'établir qu'elle soit comprise avec lui dans la largeur du sens littéral, au moins convient-il de lui appliquer, par une accommodation excellente et autorisée, ces mêmes traits, qui conviennent si bien à elle aussi, et, après Jésus, à elle seule : l'incomparable grandeur du rôle et de la sainteté, la primauté dans les idées divines et dans le gouvernement du monde, le règne spécial dans Sion et dans l'héritage du Seigneur, c'est-à-dire dans les âmes justes et dans l'Église, la fonction d'universelle médiatrice de la grâce et de tous les biens : .

Je me suis élevée comme le cèdre sur le Liban, Et comme le cyprès sur les montagnes d'Hermon; Je me suis élevée comme le palmier à Engaddi, Et comme les rejetons de rosiers à Jéricho ; Et eomme un gracieuse olivier dans la plaine, Et comme le platane, je me suis élevée.

Comme le cinname et Taspalathe odorant j'ai donné

[mon parfum.

Et comme une myrrhe exquise j'ai répandu ma suave

[odeur ; Comme le galbanum, Tonyx et le stacte, Et comme Tencens qui s'exhale dans le Tabernacle. Comme le térébinthe, j'ai étendu mes rameaux, Et mes rameaux sont des rameaux de magnificence et

Içrâce ;

Comme la vigne, j'ai donné des bourgeons de joie»

Et mes fleurs fructifient en gloire et en richesse.

Venez à moi, vous qui me désirez,

Et rassasiez-vous de mes fruits.

Car mon souvenir est plus doux que le miel,

Et mon héritage plus que le rayon de miel.

Ceux qui me goûtent auront encore faim.

Et ceux qui me boivent auront encore soif;

Celui qui m'écoute ne sera pas confondu,

Et ceux qui travaillent avec moine pécheront pointa

Plusieurs fols sont développées ces magnifiques promesses, et sont renouvelés ces pressants appels à recevoir les' biens que la sagesse veut répandre sur tous :

A moi le conseil et la prudence ;

Je suis rintelligence ; à moi la force.

Par moi les rois régnent,

Et les puissants décrètent la justice;

Par moi les princes commandent,

Et les chefs, tous les juges de la terre.

Pour moi, ceux qui m'aiment, je les aime^

Et ceux qui s'empressent vers moi me trouveront.

Avec moi la richesse et la gloire,

L'opulence splendide et la justice.

Mon fruit est préférable à l'or, et à l'or purifié ;

Ce qui naît de moi vaut mieux que l'argent fin.

Je marche dans le chemin de la justice,

Au milieu des rentiers du jugement.

J'ai de quoi distribuer à ceux qui m'aiment.

Et je remplirai leurs trésors *.

I. Ecclésiastique, xxit, iS-ai (texte grec, tel que le donne Knahenbauer dans son commentaire. Dans la constitution de ce texte, plusieurs points restent douteux* Cf. Vulgate, xxrf^ i7-3a).

s. Proverbes, vm, i4-a2 (héb«).

La Sagesse a bâti sa maison,

Elle y a taillé sept coloanes.

Les animaux sont égorgés, elle a mêlé son vin,

Déjà elle a dressé sa table.

Elle a envoyé ses servantes, elle appelle

Du sommet des hauteurs de la ville :

<c Qui est sans savoir ? qu'il vienne ici I »

Et au dépourvu d'intelligence, elle dit :

« Venez, mangez mon pain,

E,t buvez le vin que j'ai mêlé * I »

Oui vraiment, tandis qu'ils chantent la sagesse éternellement engendrée du Père, et prophétisent son bienfaisant passage au milieu du monde, les poètes hébreux éveillent en même temps dans les esprits, dans ceux du moins des lecteurs chrétiens, une autre image. C'est, comme dans une vision céleste, la lointaine apparition de la Vierge mère. Son Fils est avec elle, il est inséparable d'elle, enlacé dans ses bras; la gravité douce, qui la fait paraître sage comme la sagesse même, c*est la ressemblance de son Fils ; le majestueux éclat, qui la rend vénérable au delà de tout ce qu'on a jamais révéré sous le nom d*antique sagesse, c^estsa prédestination à devenir mère du Rédempteur, et comme un reflet de l'éternité de son Fils. Ce Fils, elle le présente aux hommes, désireuse de tout leur donner par lui, désireuse surtout de le donner lui-même ; et, silencieusement, ses conseils descendent dans les cœurs. Elle s'adresse d'abord aux petits et aux humbles ; mais elle s'adresse à tous, s'ils veulent se faire

î. Prorerbes, iJf, i-6 (hëb.). Outre les passages cités, voir le litre de la Sagesse^ en particulier vi, tu, tiii.

ses disciples humbles et petits. Elle leur dit de renoncer à ce qui passe ; elle leur offre les biens durables, ceux qui donnent la joie sans satiété ; surtout, elle leur promet < le fruit béni de ses entrailles ». Elle n'éclaire pas seulement par ses avis ; sa parole est pénétrante comme celle d*une mère ; elle touche, encourage, attire. Sa sainteté charme comme un parfum ; son abord est facile ; elle accorde sa bienveillance et son secours en retour des moindres hommages. Elle est une vivante et souriante invitation à la vertu. — Et, autour d'elle, on entrevoit déjà toute l'assemblée des élus. Plus éloignés ou plus proches, sentant de loin son influence ou agenouillés à ses pieds, tous recevront par elle le don céleste ; coupables sauvés pour s'être enfin rendus à ses avertissements, innocents sanctifiés pour avoir avidement accueilli tous ses conseils, tous ceux qui la trouveront trouveront la vie, et puiseront la grâce qui vient du Seigneur.

Combien encore de personnages bibliques nous font penser à Marie I Les héroïnes d'Israël ne sau* raient, pour la sainteté, lui être comparées; du moins, en tant que libératrices de leur peuple, elles ressemblent à la femme victorieuse du serpent et corédemptrice du monde. Telle Jaël la Cinéenne, perçant la tempe de Sisara; Judith qui, triomphant d'Holopheme, devient < la gloire de Jérusalem, [la joie d'Israël et l'honneur de son peuple* ï> ; Esther, dont les charmes gagnent le cœur de Xerxês, et font trouver grâce h toute sa race.

Les choses mêmes parlent de Marie dans l'Écri-

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