‹ La Sainte Vierge: [Maria Virgo]. 7:e édChapitre 23 sur 110 · CHAPITRE n · texte numérisé non relu

CHAPITRE n

LE MILIEU ET LA FAMILLE. L^IMMACUL^B CONCEP- TION. — LA NAISSANCE (ENVIRON l'aN 22 AVANT L^ÈRB VULGAIRE^).

En même temps que rÉcriture inspirée annonçait ou figurait de diverses façons le Sauveur et sa mère, les mœurs et les cœurs devenaient peu à peu ce qu^ils devaient é(re au moment où Dieu avait décidé de faire son grand ouvrage. Le mal grandissait dans cette effrayante mesure qui allait amener ]a réprobation d'Israël; en beaucoup d'âmes, le bien grandissait en même temps, et Ton voyait se préparer le milieu où le Messie allait naître et rassembler ses premiers disciples.

Hérode s'était emparé de Jérusalem en Tan 87, et commandait à toute la terre d'Israël. Le c demijuif » venu d'Idumée régnait avec cruauté et magnificence : étouffant dans le sang ses querelles domest tiques et les révoltes de ses sujets ; couvrant la Judée

I. Cette date approximative repose sur ces deux indications chronologiques : Marie semble avoir eu environ «joinze ans au moment où elle devint mère de Dieu, et, dans le système le plus probable, Tlncarnation eut lieu l'an 6, 9u environ, avant Tère vulgaire.

de monuments profanes, célébrant des jeux, et rebà tissant à Rhodes le temple d* Apollon, afin dHUustrer son nom dans le monde gréco-romain; respectueux en même temps des coutumes juives, zélé pour la splendeur des cérémonies et des fêtes du vrai Dieu, et reconstruisant, plus vaste et plus riche, le Temple deZorobabel.

Plus se multipliaient les scandales, plus la civili* sation hellénique se faisait envahissante, et plus le pharisien se séparait des contacts impurs, et se retranchait obstinément derrière la c haie de la Loi », fortifiée de prescriptions nouvelles et de scrupuleuses observances. Le saddueéen, au contraire, ami du savoir profane, de Topulence et de la vie facile, se montrait tolérant pour les nouveautés dangereuses et flatteur envers les pouvoirs humains. Le pharisien gâtait une doctrine presque entièrement orthodoxe par Forgueil, Tétroitesse d*esprit^et la dureté de cœur; le saddueéen n'élevait pas ses pensées plus haut que la terre, et, de la religion d'Israël, ne gardait plus qu'un certain nombre de pratiques extérieures.

Mais, fort heureusement, la nation n'était pas engagée tout entière dans l'une ou l'autre des secte& rivales. Entre les deux, le peuple fidèle à la grâce de l'élection divine formait encore une masse nombreuse. C'étaient, dans les plus hauts rangs de la société, et dans le monde religieux groupé autour du Temple, des prêtres comme Zacharie, des âmes d'élite comme Siméon et la prophétesse Anne; dans les bourgs et les campagnes, des foules comme celles qui, bientôt, suivront Jésus, toujours prêtes à glorifier Dieu de sa doctrine et de ses miracles; dans la rude GaUlée enfin, de ces natures droites et loyales,

comme Nathanaël de Cana, < le véritable Israélite en qui il n'y a point de ruse* ».

Et les fidèles du judaïsme d'alors présentaient certains traits qui déjà les rapprochaient du christianisme, c Au sag^e qui se confie à la Loi divine, la Loi elle-même est fidèle ' » . Cette Loi avait été donnée au peuple encore enfant comme un « tuteur », comme un c précepteur », pour le façonner peu à peu, et le préparer à la virilité du Christ' : elle devait donc, pour les âmes dociles, atteindre cette fin.

Ses antiques enseignements étaient d'autant mieux compris qu'ils avaient été pratiqués par une plus longue suite de générations; et, dans les nouvelles paroles divines dont le livre sacré s'était enrichi après l'exil, se faisait de plus en plus pressentir la doctrine du véritable Maître, depuis si longtemps promis et attendu. Sous la loi de crainte on sentait germer la loi d'amour; la communication de la créature avec le Créateur devenait de plus en plus confiante et libre; un commencement d'esprit filial se répandait dans les cœurs.

Aux secours de la révélation écrite, s'étaient jointes les circonstances extérieures; elles aussi avaient façonné les âmes, et les meilleurs des Juifs en avaient, même à leur insu, recueilli les pt'ovidentiels enseignements. Exilés ou envahis, ils avaient appris à se séparer surtout par le cœur du païen endurci, et à faire plus large, dans leurs sympathies et même dans la communauté de leur vie religieuse, la place de l'étranger « craignant Dieu ».

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