PRÉFACE
On ne peut écrire la vie de la Sainte Vierge comme on écrit celle des saints de Fépoque moderne. Sur ces derniers, il reste d'ordinaire quelques mémoires contemporains dont l'autorité s'impose, et, les pièces soigneusement recueillies qui forment le dossier de leur canonisation. Le biographe peut facilement puiser à ces sources peu nombreuses et parfaitement sûres ; et lorsqu'il écrit une œuvre de vulgarisation, il lui suffit de les signaler brièvement en tête de son livre, pour justifier, aux yeux de ses lecteurs, toute la suite de son récit.
Sur la mère de Jésus, les documents dont il faut tenir compte sont à la fois plus nombreux et d'une exploitation plus difficile. Pour les faits eux-mêmes, si l'on veut ajouter quelque chose au récit évangélique, il faut recueillir, à travers l'ancienne littérature chrétienne, des témoignages de valeur diverse, et souvent de valeur douteuse, pour en dégager rarement des certitudes, le plus souvent des opinions et des probabilités. En revanche, sur la sainteté de Marie et sa part dans les mystères de notre salut, l'exégèse de l'Ancien et du Nouveau Testament, la théologie, l'ascétisme même, fournissent des renseignements d'une haute valeur, et donnent souvent une certitude pleinement garantie. Pour exposer comment on doit tirer parti de ces documents divers, et pour montrer comment, en fait, on en tire parti, il serait