‹ La Sainte Vierge: [Maria Virgo]. 7:e édChapitre 62 sur 110 · PREMIÈRES ANNÉES DE JÉSUS A NAZARETH · texte numérisé non relu

PREMIÈRES ANNÉES DE JÉSUS A NAZARETH

rage amenait le développement graduel des membres et des organes.

Dès la première heure cependant, il avait possédé une science très parfaite, non seulement en tant que Dieu — en ce sens, il est essentiellement la sagesse et rintelligence infinie — mais encore en tant qu'homme, et dans son âme créée. Dieu avait orné son intelligence de connaissances proportionnées à sa dignité et à son rôîe, et par suite incomparablement supérieures à la science infuse de Marie. Et de plus il avait, en vertu de Tunion hypostatique elle-même, un mode de connaître, qui lui était exclusivement propre, celui de la vision divine permanente. Car, seul parmi les hommes, il était à la fois € compréhenseur » et « voyageur » ; voyageur, puisqu'il vivait, comme nous, de cette vie temporelle, terrestre, méritante, qui tend au ciel comme à son terme ; compréhenseur, parce que, personnellement uni à Dieu, il le possédait déjà. Son âme voyait sans cesse, et face à face, le Verbe, dans lequel elle subsistait; elle le voyait comme il est, dans l'unité du Père et de l'Esprit, et, en Dieu, elle connaissait toute vérité.

Par suite, à la différence de Marie, dont l'intelligence acquérait avec le temps des connaissances vraiment nouvelles qu'auparavant elle ne possédait pas, la science de Jésus ne progressait pas en s'étendant à de nouveaux objets. Aux perceptions de ses sens, répondait, comme chez nous, le jeu des facultés intellectuelles ; la science acquise se développait ainsi, suivant les lois ordinaires de la pensée humaine; par là, il connaissait d'une façon expérimentale et nouvelle, mais, au vrai, il ne connaissait rien de nouveau. Pour ce motif, et aussi en raison de sa

dignité de premier Maître^, il ne pouvait rien apprendre de Marie ni de Joseph. Néanmoins, leurs soins et leurs invitations, auxquelles il était finalement soumis, pouvaient, aussi bien que le progrès même de son âge, être pour lui Toccasion de manifester et d'exprimer par des actes et des paroles quelque chose de sa science et de sa sagesse. Et c'était merveille de le voir faire avec la plus souveraine convenance tout ce que devait faire un enfant de son âge, et ne rien laisser paraître aux regards du monde qui ne fût pas proportionné à la perfection possible d'un enfant.

Et pourtant, bien que sa manifestation publique par la prédication et les miracles fût pour longtemps encore différée, il ne convenait pas qu'il restât, même aux jours de son enfance, sans aucun témoignage de son Père ni de lui-même. Dès la première heure, le Père l'avait révélé à Elisabeth, à Siméon, aux bergers, aux mages, par les feux de son ciel, par la voix de ses anges, par la grâce de son Esprit. L'Évangile rapporte une autre circonstance dans laquelle Jésus, âgé de douze ans, commença lui-même de se révéler.

Un instant, il se montra aux docteurs d'Israël, et par là il se fit entrevoir Maître suprême et lumière du monde.

A douze ans, c'est-à-dire à l'âge même ob l'Israélite devenait c fils de la Loi » et s'initiait, par ses actes personnels à la pratique de la religion mosaïque, il voulut déclarer le lien religieux tout spécial qui le rattachait à Dieu : il était son Fils, son

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