‹ La Sainte Vierge: [Maria Virgo]. 7:e édChapitre 76 sur 110 · LES NOCES DE GANA · texte numérisé non relu

LES NOCES DE GANA

yiteurs qui la suivent, et, les laissant devant lui : « Quoi quH poisse tous dire, leur recommandé-telle, faites-le ! »

« Or, il y avait là posées », sans doute devant la porte de la salle ou de la tente où se donnait le festin, « six » de ces énormes c urnes de pierre », où Ton tenait en réserve de Teau « pour la purification » et les ablutions si nombreuses « des Juifs; elles contenaient chacune deux ou trois métrètes », soit, k tout le moins, chacune une quarantaine de litres, ou même, selon d'autres, beaucoup plus. « Jésus dit donc aux serviteurs : Remplissez d'eau ces urnes. Et » aussitôt, dociles à la recommandation de Marie, ils coururent puiser de Teau, rajoutèrent à celle que les urnes contenaient encore, et ainsi « ils les remplirent jusqu'aux bords. Et il leur dit : Puisez maintenant et portez au maître du festin. » Ils plongèrent une coupe dans Tune des urnes, « et la portèrent » à cet invité de marque, qui dirigeait la marche du repas. « Et quand le maitre du festin eut goûté de cette eau changée en vin, -— il ne savait d'où venait ce breuvage; mais les serviteurs le savaient bien, qui avaient puisé Teau — le maître du festin appela Tépoux » ; et sans doute le montrant aux convives, et parlant haut, afin que son compliment, exprimé sous une forme plaisante, fut bien entendu, « il lui dit : Tout homme sert d^abord le bon vin, et, quand on a bien bu, il sert celui qui vaut moins; mais, pour vous, vous avez gardé votre bon vin jusqu'à cette heure! »

Les serviteurs, en remplissant les coupes, donnèrent le mot de cette énigme. « Tel fut le commencement des miracles de Jésus; il le fit à Cana de 6a-

lilée; et e^est ainsi qu*il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui. »

Ainsi, au milieu d'une fête d'apparence profane, et par le moyen d'un secours terrestre donné à d'humbles gens dans Tembarras, la Providence avait tout conduit vers un but surnaturel : manifester la gloire de Jésus, appeler les convives à la foi en ce Maître nouveau, et surtout établir cette foi dans l'âme des queltjues disciples dont Jésus allait bientôt faire ses premiers apôtres. Et c'est en raison de cette conduite de la Providence que Marie avait eu sa place marquée dans cet épisode : car ce premier appel à la foi au Messie est une de ces œuvres initiales dans lesquelles Dieu se plaît à manifester la conduite qu'il tient dans les œuvres semblables.

Œuvre initiale par excellence, l'Incarnation, où tout avait dépendu du consentement de Marie et s'était fait avec son concours; œuvre initiale, la première grâce donnée à Jean, à la parole de Marie ; œuvre initiale, la manifestation de Jésus par les signes divins qui accompagnèrent sa naissance, et ces divins signes amenaient lés âmes à l'enfant que leur présentait la Vierge mère ; œuvre initiale, cette fois encore, la première manifestation de la vie publique, le premier ouvrage de Jésus imprimant, par ses miracles, la foi dans l'âme de ses disciples. Et ce signe, générateur de la foi, était vraiment du à Marie. Quand et comment serait venue l'heure du premier miracle, si Marie n'eût pas prié ce soir-là, nous l'ignorons; mais, parce que Marie pria et insista, l'heure fut avancée, et elle vint plus opportunément. Et Dieu, en plaçant ainsi sa mère à tous les points de départ de la grâce, prétend montrer que l'œuvre surnaturelle dépend d'elle tout entière, et

MARIE PENDANT LA PRÉDICAtlON DE JÉSUS. 155

que cette œuvre porte ses meilleurs fruits dans les âmes lorsque Marie est là pour en faciliter Taccomplissement.

€ Après cela, Jésus descendit » de Cana vers la mer de Galilée, et vint « à Caphamaûm, lui et sa mère, et » les quatre fils de Cléophas qu'on nommait « ses frères, et ses disciples ^ ». Le temps de la manifestation publique était venu, et c*est à dessein que Jésus choisissait pour y séjourner une des villes les plus peuplées et les plus commerçantes de la Galilée. Ses premiers disciples Ty suivirent, mus par le doux attrait qui les avait tout d'abord rapprochés de lui, et plus fortement attachés à sa personne par le miracle dont ils venaient d'être témoins. Pour les « frères du Seigneur », nt à cette heure, ni beaucoup plus tard encore, ils ne croyaient en lui': mais la curiosité, éveillée par l'événement de Cana, avait pu les attacher à ses pas. Enfin, il n'est guère possible de dire si Marie avait déjà renoncé à sa demeure de Nazareth, ou si elle s'était, pour quelques jours seulement, mise à la suite de son Fils.

Au reste, Jésus et les siens < ne demeurèrent », cette fois, « pas longtemps* » à Capharnaûm. La Pâque approchait; le Maître se rendit à Jérusalem; il purifia le Temple des vendeurs qui le souillaient et revendiqua hautement l'honneur dû à la maison de son Père; par sa prédication et ses miracles, il gagna des disciples; dans les rangs de ceux même qui ne s'attachèrent pas immédiatement à lui, il ébranla

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