MARIE AU CÉNACLE ET LA PENTECÔTE
médiation * et sa prière. Dans son àme, le Dieu qui venait de visiter le Cénacle avait, par une nouvelle et insondable effusion, accru la sainteté, et Tabondance de ses sept dons. Il lui avait conféré aussi, ou il avait augmenté en elle, ces autres dons merveilleux, si célèbres dans FEglise naissante sous le nom de « charismes » c'est-à-dire « faveurs » de TEsprit-Saint ^ Ces faveurs, que Dieu partageait entre les membres des premières communautés chrétiennes, étaient accordées à Marie, on le pense pieusement et vraisemblablement, toutes et d'une façon excellente. Elle devait cependant, dans leur usage, se laisser guider par la sagesse divine, et agir suivant les convenances de son rôle qui, plus haut que le sacerdoce et Fapostolat, n'était pas formellement celui des apôtres ou des pasteurs. La grâce de la Pentecôte lui conférait donc, ou perfectionnait en elle, cette c foi » qui opère des prodiges; le « don des miracles » et le « don des langues », pour s'en servir d'après les circonstances et avec la prudence la plus parfaite; le a discernement des esprits », r « interprétation des discours », la « prophétie «>, pour lire dans les cœurs, pénétrer les mystères, et parfois, s'il plaisait à Dieu, annoncer l'avenir; la c prophétie » encore, au sens que ce mot avait souvent alors, la c parole de sagesse » et la c parole de science », non pour prêcher dans les assemblées publiques, mais plutôt pour instruire et toucher les cœurs dans les entretiens particuliers. Et certainement encore les c dons de guérison et d'assistance » étaient des privilèges de la Vierge toujours secourable.
I. Voir : Première aux Corinthiens, xii, 8-10 et a8; aux Ephésienf, it, ii.
En ce jour, rEsprit-Saint, descendant sur tous, confirmait et perfectionnait chacun dans son degré et sa fonction. II affermissait les simples fidèles dans la vie chrétienne, les apôtres dans Tapostolat. Pour Marie, il la consacrait de nouveau dans son rôle de mère de grâce par rapport à TÉglise et aux fidèles. Survenu en elle au jour de l'Annonciation, il Tavait faite mère de Jésus. Aujourd'hui, il mettait dans le trésor, déjà si incomparablement riche, de ses vertus maternelles, les dispositions suprêmes pour faire, de la mère du Christ Rédempteur, la mère de ce corps mystique de Jcsus qui demeurait maintenant confié à ses soins.